Wegovy, Mounjaro, Ozempic… Ces médicaments, parmi les plus vendus de l’industrie pharmaceutique, ont profondément transformé la prise en charge de millions de malades souffrant de diabète ou d’obésité dans le monde. Quels sont-ils, comment fonctionnent-ils et qui les fabrique?
– La classe des analogues GLP-1
Ces médicaments imitent une hormone secrétée par les intestins, le GLP-1.
Ils peuvent être utilisés pour perdre du poids et/ou contre le diabète de type 2, le plus répandu, qui se caractérise par une résistance à l’insuline provoquant un taux de glucose élevé dans le sang (hyperglycémie).
Les analogues GLP-1 agissent notamment en favorisant la sécrétion d’insuline -qui fait baisser le taux de glucose-, en ralentissant la vidange de l’estomac et en envoyant au cerveau un signal de satiété.
Initialement disponibles en injections, ces traitements sont depuis peu déclinés sous forme de comprimés.
Ils peuvent avoir des effets secondaires tels que des nausées et vomissements ou des troubles gastro-intestinaux.
Des études montrent que si le traitement est interrompu, les patients reprennent du poids.
Vendus à l’origine pour traiter le diabète, les analogues du GLP-1, qui présentent aussi des bénéfices notamment cardiovasculaires et des promesses contre les addictions, remportent un succès mondial retentissant, popularisés sur les réseaux sociaux.
Ces médicaments constituent une manne financière pour leurs fabricants, en premier lieu les groupes Novo Nordisk et Eli Lilly. Mais l’arrivée des génériques va percuter le marché à l’horizon 2030.
– Les pionniers : Victoza et Saxenda
Historiquement, l’un des premiers traitements GLP1 a été la molécule liraglutide, développée par le groupe danois Novo Nordisk.
Elle est approuvée en 2009 en Europe et 2010 aux Etats-Unis contre le diabète, sous le nom de Victoza.
Elle est ensuite autorisée contre l’obésité en 2014, sous le nom de marque Saxenda, devenant ainsi le premier analogue du GLP-1 approuvé pour la perte de poids.
Mais ces deux médicaments ont un inconvénient: ils doivent être injectés quotidiennement.
– Ozempic et Wegovy, la nouvelle génération
Novo Nordisk développe donc une nouvelle molécule, le sémaglutide, qui peut elle être injectée une fois par semaine.
Ozempic est autorisé en 2017 contre le diabète de type 2 aux Etats-Unis et fait rapidement un carton, promu sur les réseaux sociaux pour ses propriétés amaigrissantes et souvent pris au-delà de son indication première.
Son pendant contre l’obésité, utilisant la même molécule, est autorisé en 2021 aux Etats-Unis, sous le nom de Wegovy.
En 2024, Wegovy est approuvé par les autorités sanitaires américaines pour prévenir spécifiquement les accidents cardiovasculaires chez les personnes obèses ou en surpoids.
En 2026, la forme orale du Wegovy est approuvée par les autorités sanitaires américaines et européennes.
– Mounjaro et Zepbound, la concurrence américaine
Le laboratoire américain Eli Lilly a lui développé la molécule tirzépatide.
Elle est autorisée en 2022 aux Etats-Unis sous le nom de Mounjaro pour les personnes souffrant de diabète de type 2.
En 2024, son pendant contre l’obésité, aussi administré hebdomadairement, est approuvé par les autorités sanitaires américaines, sous le nom de Zepbound.
En plus du GLP-1, le tirzépatide contient une autre hormone gastro-intestinale (GIP), afin d’accentuer ses effets.
Selon une récente étude, il entraîne des pertes de poids plus importantes que le sémaglutide de Novo Nordisk.
Sa version en comprimé (orforglipron) a été approuvée en avril aux Etats-Unis où elle est actuellement commercialisée sous le nom de Foundayo. En parallèle, Eli Lilly attend une décision de l’Agence européenne des médicaments au premier trimestre 2027.
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