Contactez-nous
Logo ETI Quitter la lecture facile
Visuel AFP

AFP

Liberia: ArcelorMittal accusé d' »accaparement » de terres et « contamination » des eaux (rapport)

Posté le par AFP

Le géant de l’acier ArcelorMittal accapare des « terres agricoles » au Liberia et contamine « des ressources en eau » dans ce pays où l’industriel exploite des gisements de fer depuis plus de 20 ans, affirme mardi le média d’investigation français Disclose.

Un rapport commandé par le gouvernement libérien, auquel Disclose a eu accès, fait état de préoccupations sanitaires et environnementales dans la zone d’implantation d’ArcelorMittal.

Sollicité mardi par l’AFP, ArcelorMittal a contesté « fermement les affirmations, conclusions et caractérisations contenues » dans ce rapport.

« Des niveaux inquiétants de métaux lourds ont été retrouvés dans l’eau des rivières, des puits et des pompes utilisées dans cinq villages de la concession minière », affirme Disclose.

« Les résultats des échantillons testés et analysés montrent qu’il existe des contaminations à la fois microbiologiques et chimiques à travers les trente-sept échantillons » issus de la zone d’exploitation, souligne ce rapport cité par Disclose.

Le plomb, naturellement présent dans le minerai de fer, est ainsi mesuré dans les 37 échantillons d’eau prélevés avec un taux atteignant « jusqu’à 63 fois la recommandation de l’Organisation mondiale de la santé (0,01 mg/l) dans une rivière de la petite ville de Yekepa » (nord du Liberia), selon Disclose.

Du fluorure a été également détecté dans 19 des 37 échantillons avec des « niveaux de contamination jusqu’à 17 fois supérieurs aux valeurs recommandées par l’OMS », ajoute Disclose.

Face à ces valeurs au-dessus des normes sanitaires, l’Agence de protection de l’environnement du Liberia a imposé en août une amende administrative de 400.000 dollars à ArcelorMittal Liberia, rapporte le média.

« La présence de métaux lourds dans des échantillons d’eau ne permet pas, à elle seule, d’établir un lien direct avec les activités d’ArcelorMittal Liberia », a affirmé à l’AFP l’entreprise, estimant que « des concentrations élevées peuvent également résulter de caractéristiques géologiques naturellement minéralisées ».

Selon Disclose, les personnes affectées par cette exploitation du fer sont « majoritairement des peuples autochtones Mano et Gio » du comté de Nimba, dans le nord du pays.

– « Je me suis fait avoir » –

Leurs témoignages font état, selon Disclose, de pratiques contraires à la loi libérienne qui garantit notamment aux propriétaires une compensation financière « équitable » avant de prendre possession de leurs terres.

Dada Konkah, un agriculteur établi à Gbarpa, au pied de montagnes exploitées par ArcelorMittal, affirme avoir perçu des indemnisations nettement inférieures à celles qu’avaient promis l’entreprise. « Je me suis fait avoir de bout en bout », a-t-il affirmé à Disclose.

Dada Konkah soutient également que l’arrivée de l’industriel sur ses terres a provoqué l’inondation du « reste de ses parcelles à cause d’un barrage (de l’entreprise) censé contenir ses eaux polluées mais qui s’avère mal dimensionné ».

Disclose affirme avoir recueilli d’autres témoignages dans lesquels « des employés d’ArcelorMittal (…) font irruption dans un champ pour répertorier les cultures, rapidement suivis d’+engins jaunes+ qui broient la végétation pour construire une route, un barrage ou un site d’enfouissement de déchets ».

De son côté, ArcelorMittal affirme qu’au cours des 20 dernières années de sa présence, « de nombreux membres des communautés locales ont empiété sur les terrains de la concession dans le seul but d’y planter des cultures dans l’espoir d’obtenir une indemnisation ».

« Il n’existe aucune autre demande d’indemnisation liée à l’utilisation de terrains privés dont la propriété est établie qui n’ait été traitée », ajoute l’entreprise.

Pour ArcelorMittal, le rapport de Disclose « formule de graves allégations » concernant ses activités au Liberia.

« ArcelorMittal a été le premier investisseur étranger d’envergure à s’engager dans le pays après la fin de la guerre civile et a maintenu cet engagement pendant plus de deux décennies, y compris durant l’épidémie dévastatrice d’Ebola en 2014-2015 », relève l’industriel.

ard/lp/cpy

« Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2026 Agence France-Presse. »


Réagissez à cet article

Commentaire sans connexion

Pour déposer un commentaire en mode invité (sans créer de compte ou sans vous connecter), c’est ici.

Captcha

Connectez-vous

Vous avez déjà un compte ? Connectez-vous et retrouvez plus tard tous vos commentaires dans votre espace personnel.

Inscrivez vous aux newsletters !

Recevez chaque semaine les newsletters du Magazine d’Actualité.

Actualités et veille technologique

L'espace actualité c'est quoi ?

De la découverte en laboratoire à l'innovation industrielle, scrutez les tendances et prenez part aux grands débats scientifiques qui construisent le monde de demain.

Contacter la rédaction

Inscrivez-vous aux newsletters !

Recevez chaque semaine les newsletters du Magazine d’Actualité