La désinformation et les discours de haine incitent à nuire aux réfugiés, et l’intelligence artificielle en exacerbe la propagation, a averti mardi l’ONU, en exhortant les géants de la technologie à aider à inverser la tendance.
« Le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, s’inquiète de voir la propagation de la désinformation, des discours de haine et des ‘deepfakes’ (hypertrucages) exacerber les préjudices subis dans la réalité par les réfugiés et les travailleurs humanitaires, voire y inciter », a dit aux journalistes Gisella Lomax, conseillère principale du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) pour l’intégrité de l’information.
Elle a mentionné que les passeurs et les trafiquants pouvaient exploiter les plateformes numériques pour tromper les gens avec de fausses promesses, les entraînant dans des situations dangereuses.
Le HCR indique que 117,8 millions de personnes étaient déplacées de force dans le monde à la fin de 2025, dont 68,7 millions de déplacés internes et 35,6 millions de réfugiés relevant de son mandat.
Parmi ces réfugiés, les deux niveaux sont originaires de cinq pays : le Venezuela, l’Ukraine, la Syrie, l’Afghanistan et le Soudan.
Cependant, a fait valoir Mme Lomax, « si l’intelligence artificielle accentue ces risques pour l’intégrité de notre écosystème d’information et érode la confiance, elle peut aussi faire partie de la solution si elle est gérée de manière appropriée ».
Le HCR participe au sommet mondial « AI for Good » (l’IA au service du bien) à Genève, pour souligner que les crises majeures de déplacement de populations dans le monde s’accompagnent souvent de « crises de l’information ».
Ce sommet, organisé par l’ONU dans son ensemble, vise à mettre l’accent sur l’utilisation du potentiel de l’IA au service de l’humanité pour résoudre des défis mondiaux, ainsi qu’à examiner l’état des normes en matière d’IA.
Ce tourbillon de fausses informations et de désinformation entraîne une augmentation des « récits mensongers et hostiles ciblant les opérations et le personnel », a déploré Mme Lomax.
« En temps de guerre, de conflit ou d’urgence, ces risques liés à l’information sont particulièrement aigus » et peuvent rapidement causer des dommages, a-t-elle averti.
Mme Lomax a souligné que l’accès à une information fiable était indispensable à la protection des réfugiés. « Nous devons inverser la tendance, et je constate des progrès encourageants », a-t-elle plaidé, ajoutant que ces efforts devaient être systématisés et déployés à plus grande échelle.
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