Emmanuel Macron a défendu mardi devant des élèves de seconde d’un établissement de Mende l’interdiction du téléphone portable dans les lycées, principale nouveauté de la rentrée.
« Scientifiquement, on a établi que, à votre âge et compte tenu du fait que vous êtes là pour apprendre des contenus, des matières, apprendre l’esprit critique, pour vous construire… (…) les téléphones, les écrans et encore plus les réseaux sociaux écartent de cet objet », a fait valoir le président de la République devant une classe de seconde du lycée Chaptal.
Tous avaient préalablement dû déposer un à un leur téléphone, soit 33 en tout, dans un espace dédié et numéroté accroché au mur de la classe, a constaté une journaliste de l’AFP.
Plusieurs élèves ont pris la parole, certains disant comprendre l’interdiction nouvelle quand pour d’autres cette décision était « infantilisante » dans un monde où les portables sont devenus « indispensables ».
Les téléphones « enlèvent de l’attention et de la capacité à être les uns avec les autres » car « on ne sociabilise pas de la même manière », a affirmé M. Macron, précisant qu’il avait lui-même interdit l’usage du portable lors de certaines réunions à l’Elysée.
« Si on est assez lucide sur nous tous, on s’est un peu fait déborder. Et ça c’est vrai un peu de tout le monde, y compris des adultes », a-t-il relevé.
Cependant, « il y a des usages qui sont pertinents », c’est « aussi pour ça qu’il faut trouver des temps de la journée où on peut s’y remettre, se reconnecter », a-t-il ajouté.
M. Macron a ensuite déclaré que son gouvernement travaillait à nouveau sur une loi visant à interdire l’usage des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, une mesure phare de son quinquennat qui avait été retoquée mi-août par le Conseil constitutionnel au nom de la liberté d’expression, sans préciser de date.
« On n’est pas mature sur le plan de ses émotions, de sa sensibilité, on est en train d’apprendre. Ça crée des addictions, des dépendances. Ca crée des troubles de l’attention et on a vu d’ailleurs à quel point, à mesure que l’on est exposé à ces écrans et à ces réseaux sociaux, on avait de plus en plus de mal à fixer son attention pour lire », a-t-il rappelé.
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