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Mondial de l’auto : Macron cherche à rassurer les constructeurs européens face à la concurrence chinoise

Posté le par AFP

Accord avec la Chine pour limiter les importations en Europe, accord imminent avec l’Allemagne pour défendre le contenu européen des voitures : Emmanuel Macron a tenté de rassurer les industriels français lundi à l’ouverture à Paris du Mondial de l’automobile, où plus d’un tiers des exposants sont chinois.

Face à un marché automobile « difficile » en Europe, le président français a mis l’accent sur l’innovation et l’électrification des automobiles, pour relancer les ventes françaises et européennes face à la concurrence.

Emmanuel Macron s’est fait présenter les dernières nouveautés sur les stands, s’informant notamment de la façon de réduire les coûts de fabrication des batteries électriques, secteur particulièrement encouragé depuis le début de sa présidence avec l’installation de plusieurs usines dans le nord de la France.

L’accord UE-Chine annoncé vendredi pour limiter l’importation de voitures hybrides et hybrides rechargeables chinoises va permettre de « mieux protéger le marché européen de la concurrence déloyale », a estimé le président Macron, « il est le fruit d’un travail de plusieurs années ».

Un responsable européen à Bruxelles a indiqué lundi matin que l’UE devrait plafonner à 350.000 le nombre de véhicules hybrides importés de Chine chaque année, dans le cadre de cet accord, annoncé vendredi par le commissaire européen au Commerce Maros Sefcovic.

Emmanuel Macron, qui a reçu des industriels dimanche soir à l’Elysée, sans les Chinois, a aussi annoncé un « accord imminent » entre la France et l’Allemagne pour « mieux protéger » l’industrie automobile européenne face à la concurrence asiatique.

« Il va permettre en partie d’avoir de bonnes flexibilités et de trouver aussi un accord sur le contenu » européen pour les véhicules, a-t-il ajouté, sans fournir plus de détails.

Sur le stand de Stellantis, le chef de l’Etat est ensuite monté au volant du prochain modèle électrique de Citroën, inspiré de sa mythique 2CV, rouge flamboyant et sièges jaunes, qui devrait coûter moins de 15.000 euros.

Il doit aussi participer à une table ronde sur le véhicule autonome, secteur stratégique et très concurrentiel, au carrefour du secteur automobile et de l’intelligence artificille (IA), et enjeu de souveraineté.

– « Période chinoise » –

Dans les allées du salon, les marques automobiles chinoises Gac, BYD ou Zeekr rivalisent d’imagination pour se présenter sous leur meilleur jour.

« Notre modèle industriel est confronté à un choc provenant de l’extérieur qui nous remet en question et qui nous interpelle », avait résumé dimanche le ministre délégué chargé de l’Industrie Sébastien Martin.

Ce salon, a-t-il estimé, doit être l’occasion pour la filière de « montrer qu’elle a envie d’avancer, qu’elle a envie de répondre à ce défi ».

L’industrie automobile européenne n’a jamais retrouvé son niveau de ventes d’avant-Covid. Encadrée par la réglementation européenne, à la fois protectrice du « made in Europe », incitative pour développer l’électrique, et contraignante en matière d’objectifs environnementaux, elle se voit de plus en plus concurrencée par des modèles moins coûteux venus de Chine.

Les marques chinoises représentent désormais 10 % des ventes de véhicules en Europe. Au Mondial, elles représentent plus du tiers des 60 exposants.

« Il y a une période chinoise dans l’histoire de l’auto, c’est évident. Il y a eu une période américaine, il y a eu une période allemande », a commenté lundi François Roudier, secrétaire général de l’Organisation internationale de constructeurs automobiles, sur BFM Business, décrivant « des Chinois qui sont beaucoup plus offensifs à l’export ».

Il existe « une position entre la forteresse America de l’administration Trump et la fête à neuneu européenne où tout le monde rentre », a jugé ce dirigeant.

– 2CV électrique –

François Roudier a aussi salué les « partenariats ». « On voit de plus en plus la volonté des Chinois de produire en Europe, comme l’ont fait les Japonais, comme l’ont fait les Coréens. L’histoire se répète », a-t-il noté.

La France fait d’ailleurs partie des pays dans lesquels BYD pourrait implanter une nouvelle usine, a déclaré lundi matin la vice-présidente exécutive du constructeur automobile chinois, Stella Li, interrogée par BFM Business.

« La France est dans la shortlist. (…) Nous regardons de très près la possibilité de mettre en place une usine en France », a-t-elle dit.

Au salon, les visiteurs vont pouvoir tester près de 90 modèles de 20 marques, parmi lesquels des citadines, berlines et SUV, électriques ou hybrides, avec plus de 5.000 créneaux d’essais proposés.

Organisé tous les deux ans dans la capitale, le Mondial de l’auto prévoit d’accueillir environ 500.000 visiteurs cette année, comme en 2024.

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