Les secours ont poursuivi leurs efforts lundi pour tenter de retrouver au moins cinq personnes portées disparues, au lendemain de la crue qui a balayé la vallée de la rivière Budi Gandaki, au centre du Népal.
« Nous continuons les recherches et les secours », a indiqué à l’AFP un porte-parole de l’armée népalaise, Raja Ram Basnet, « nous n’avons toujours pas de nouvelles des cinq disparus ».
L’alerte a été donnée aux populations locales dimanche matin, après la rupture d’un barrage causé par un glissement de terrain qui avait bloqué l’écoulement de la Budi Gandaki, a expliqué l’autorité en charge des situations d’urgence.
Des vidéos publiées sur les réseaux sociaux ont montré une large vague charriant de nombreux débris, qui a surgi de la montagne et recouvert puis emporté des dizaines de bâtiments en aval.
Plus de 200 maisons ont été endommagées, ainsi que cinq ponts et plusieurs centrales hydroélectriques, selon le dernier bilan publié par les autorités.
« J’ai crié à tout le monde de s’enfuir. Quelques minutes après, l’eau a déboulé », a témoigné un habitant, Indra Bahadur Gurung. « Nous avons toujours vécu ici. J’espère que le gouvernement va nous trouver une solution sûre. »
Quelque 150 randonneurs étrangers, qui effectuaient pour la plupart le tour du mont Manaslu (8.163 m), ont été recensés dans la région sinistrée, selon l’Association des agences de trek du Népal.
« Nous travaillons avec les autorités pour venir en aide à tous ceux qui sont bloqués à cause des routes » détruites, a indiqué son président, Sagar Pandey.
« Le gouvernement a pris toutes les mesures nécessaires pour rétablir une vie normale dans les zones sinistrées et remettre en service les infrastructures touchées », a pour sa part assuré le Premier ministre, Balendra Shah, sur les réseaux sociaux.
Cette crue survient alors que le Népal se remet de la catastrophe du 26 août, lorsqu’une immense vague causée par l’effondrement d’un glacier et du pan d’une montagne a déferlé dans la vallée de la rivière Trishuli, emportant tout sur son passage.
Le désastre a fait plus de 1.400 morts et plus de 5.000 disparus, selon le dernier décompte officiel.
Les inondations et les glissements de terrain sont fréquents au Népal et en Asie du Sud, notamment pendant la mousson d’été (juin-septembre).
Au moins 21 personnes en sont mortes en septembre, selon les autorités népalaises.
Les scientifiques estiment que la fréquence et la violence de ces épisodes, comme celui du 26 août, sont aggravées par le changement climatique, qui accélère la fonte des glaciers et déstabilise fortement la géologie de toute la chaîne de l’Himalaya.
« La récurrence de ces désastres est inquiétante (…) elle montre la nécessité de revoir nos systèmes d’alerte basés sur le seul niveau des rivières », a averti Basanta Raj Adhikari, directeur du centre d’études sur les désastres de l’université Tribhuvan à Katmandou.
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