La sécheresse qui réduit le niveau du Rhin empêche les navires de remonter jusqu’au port de Strasbourg, entraînant une pénurie d’essence dans de nombreuses stations de l’est de la France, selon des données officielles.
Vendredi matin, 14% des stations-services du Grand Est sont considérées « en difficulté », selon le site internet officiel prix-carburants.gouv.fr, c’est-à-dire qu’elles étaient en rupture d’au moins un carburant.
Au niveau national, seules 3% des stations sont dans ce cas.
Mais la disparité est importante entre l’ouest et l’est de la grande région, l’Alsace et les Vosges étant plus affectées: dans le Haut-Rhin, le taux d’indisponibilité est évalué entre 25% et 50%, comme dans le département voisin du Territoire de Belfort, selon la carte publiée sur le site officiel.
L’essence sans plomb est nettement plus concernée que le gazole, au vu des panneaux affichés par les stations autour de Strasbourg.
« Ca fait une semaine que ça dure », confie un employé d’une station TotalEnergies de la capitale alsacienne, en rupture de SP98. Selon lui, la situation dans sa station n’est pas encore dramatique, les automobilistes pouvant se rabattre sur le SP95. Mais d’autres stations n’offrent aucun des deux carburants.
En cause: la sécheresse qui a considérablement réduit le niveau du Rhin, par où transite habituellement l’essence consommée dans l’est de la France, en provenance des ports maritimes ou des raffineries du nord de l’Europe.
Le grand fleuve européen est quasiment coupé à hauteur de Kaub, dans l’ouest de l’Allemagne, où la hauteur d’eau dans le chenal navigable est tombé lundi à 130 cm, un niveau jamais vu.
Résultat, les bateaux sont forcés de réduire leur chargement, tombé à 350 tonnes pour les bâtiments d’hydrocarbures, au lieu de plus de 1.500 tonnes en temps normal, explique à l’AFP Jean-Laurent Kistler, directeur du développement de Voies navigables de France (VNF) à Strasbourg.
Ce genre de problème s’est déjà produit par le passé, notamment en 2018 et en 2023, mais pas dans les mêmes proportions, souligne-t-il. « Le déficit de précipitations a commencé très très tôt dans l’année », dès le début juillet, au lieu du mois de septembre habituellement, explique M. Kistler.
Des pluies sont attendues à partir du week-end et de la semaine prochaine, mais le niveau du Rhin ne devrait regagner qu’une vingtaine de centimètres, avant de rebaisser, prévoit-il.
bar/as/bow
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