Deux chercheurs du CNRS ont initié et constitué un « groupement de recherche » (GDR) afin de « structurer » en France la communauté scientifique « pour lutter contre la problématique des PFAS » ou « polluants éternels », ont-ils annoncé mardi lors d’un colloque organisé sur ce thème à Strasbourg.
« A l’heure actuelle, on réunit une communauté d’environ 150 chercheurs et chercheuses académiques », a déclaré lors d’une présentation Guy Royal, professeur de chimie à l’Université Grenoble Alpes et co-fondateur de ce projet avec Marie-Pierre Krafft, directrice de recherche au CNRS, à l’Institut Charles-Sadron de Strasbourg.
Ce GDR regroupe, dans toute la France, des spécialistes des sciences dites « dures » (chimie, écologie et environnement, biologie, ingéniérie), mais aussi des sciences humaines et sociales.
Car au-delà d’aspects comme la détection de ces molécules ou l’étude de leur impact sur l’environnement ou la santé, « ces contaminations aux PFAS soulèvent des questions importantes de justice environnementale et d’inégalités sociales de santé », a souligné Marie-Pierre Krafft.
Les PFAS, molécules chimiques per- et polyfluoroalkylées, abondamment utilisées dans l’industrie et la fabrication d’objets de grande consommation, contaminent ensuite eaux et sols, et laissent craindre des effets délétères pour la santé selon plusieurs études : augmentation du taux de cholestérol, cancers, effets sur la fertilité et le développement du foetus, notamment.
« On a absolument besoin des sciences humaines et sociales pour alimenter ces connaissances », a ajouté Mme Krafft lors de cette présentation.
Avec ce GDR, qui doit mettre en ligne un site internet dans les prochains jours, les chercheurs espèrent également « encourager l’émergence de projets collaboratifs », afin de répondre à « des appels d’offres, des partenariats entre le public et le privé », a déclaré M. Royal.
« L’idée, c’est de positionner le GDR comme un acteur scientifique pour éclairer les politiques publiques », a-t-il résumé.
Au-delà, les deux co-pilotes du projet souhaitent que les chercheurs soient connectés avec la société civile : « nous avons mis en place ce qu’on appelle un conseil scientifique et d’orientation, qui s’adresse à des acteurs qui ne sont pas académiques », a déclaré Mme Krafft.
Elle attend d’eux qu' »ils fassent remonter ce qu’ils entendent sur le terrain ».
Parmi eux, des journalistes, des instituts éco-citoyens, des organismes de santé, des spécialistes de la contamination des sols, des agences ou encore des ONG.
A terme, le GDR ambitionne « d’interagir avec d’autres réseaux type GDR internationaux pour, pourquoi pas, former un GDR à l’échelle européenne », a conclu Guy Royal.
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