Le Premier ministre britannique Keir Starmer a laissé entendre qu’il pourrait restreindre l’accès des mineurs aux réseaux sociaux en raison des risques pour leur sécurité, en recevant jeudi à Downing Street des dirigeants des principales plateformes, dont Meta, TikTok et X.
« La situation ne peut pas durer, il faut que les choses changent car, actuellement, les réseaux sociaux mettent nos enfants en danger », leur a déclaré Keir Starmer.
Cette convocation intervient à mi-parcours d’une consultation lancée par le gouvernement travailliste sur l’opportunité d’interdire au Royaume-Uni les réseaux sociaux au moins de 16 ans.
Mercredi, les députés ont rejeté pour la deuxième fois un amendement en ce sens adopté précédemment par la chambre des Lords. Le gouvernement ne soutenait pas cet amendement, affirmant vouloir attendre la conclusion de la consultation en cours.
« Un monde où les enfants sont protégés, même si cela implique des restrictions d’accès, est préférable à un monde où la conséquence de l’accès (aux réseaux sociaux, ndlr) est de causer du mal » aux enfants, a encore affirmé le chef du gouvernement travailliste devant les représentants des plateformes, dont Google, propriétaire de YouTube, et de la société Snap (Snapchat).
Dans un communiqué diffusé par Downing Street en amont de cette réunion, Keir Starmer avait estimé que les géants de l’internet devaient « prendre leurs responsabilités ».
Il devait notamment « demander des réponses aux entreprises sur les mesures qu’elles prennent pour assurer la sécurité des enfants en ligne et répondre aux préoccupations des familles », selon ce communiqué.
La consultation lancée par le gouvernement examine l’option d’une interdiction sur le modèle adopté par l’Australie en décembre dernier, mais aussi de fonctionnalités addictives comme le « scrolling », soit le défilement ininterrompu de contenus.
Des personnalités britanniques, dont l’acteur Hugh Grant, ont exhorté le gouvernement à soutenir une interdiction, affirmant que les parents ne peuvent pas, à eux seuls, lutter contre les dangers des réseaux sociaux.
Keir Starmer s’était dit « très désireux » de s’attaquer aux fonctionnalités les plus addictives, après une décision de justice américaine ayant jugé Instagram et Youtube responsables des problèmes de santé mentale d’une jeune Californienne.
Certains experts estiment toutefois que ces restrictions peuvent facilement être contournées et plaident pour que les plateformes contrôlent davantage leurs contenus.
Une récente loi britannique sur la sécurité en ligne (Online Safety Act) a instauré des mesures pour protéger les mineurs des contenus préjudiciables. Pour y accéder, les utilisateurs doivent depuis juillet 2025 prouver leur âge via des méthodes sécurisées (reconnaissance faciale, vérification d’identité, etc.).
Outre l’Australie, d’autres pays prennent ou ont annoncé des mesures pour restreindre l’accès des jeunes aux réseaux sociaux, comme en France ou en Grèce.
Plusieurs dirigeants européens, dont la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, tiennent jeudi une visioconférence pour coordonner leur action sur ces sujets. La France pousse notamment pour la mise en place d’un âge minimal commun pour l’accès aux réseaux sociaux.
mhc/alm/aor
« Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2026 Agence France-Presse. »






Réagissez à cet article
Connectez-vous
Vous avez déjà un compte ? Connectez-vous et retrouvez plus tard tous vos commentaires dans votre espace personnel.
Vous n'avez pas encore de compte ?
Inscrivez-vous !