Lancé en 2025, le DC-EDIC est une structure juridique regroupant plusieurs États membres de l'UE. À sa tête, Laurent Rojey aura pour mission de faire émerger des projets open source et des infrastructures partagées. Quatre autres consortiums ont déjà été créés pour développer d'autres initiatives numériques en Europe.
Un Français à la tête d’un EDIC (European Digital Infrastructure Consortium). Laurent Rojey, ancien directeur général adjoint des affaires numériques de l’ANCT (Agence nationale de la cohésion territoriale), vient d’être nommé directeur du DC-EDIC (Digital Commons EDIC). Ce consortium, créé en octobre 2025, vise à développer des infrastructures numériques ouvertes et à renforcer la souveraineté numérique de l’UE. La France, l’Allemagne, les Pays-Bas, l’Italie et le Luxembourg sont à l’origine de cette nouvelle structure et ont été rejoints par d’autres pays en tant qu’observateurs : la Slovénie, la Pologne, la Hongrie, le Danemark, l’Autriche, la Finlande et la Flandre (Belgique).
Pour rappel, les EDIC trouvent leur origine dans le programme européen pour la « décennie numérique 2030 », adopté en 2022. Ces structures permettent à au moins trois États membres de l’UE de s’associer afin d’investir dans des projets numériques stratégiques multinationaux qui, compte tenu de leur ampleur, ne pourraient être mis en place efficacement par un seul État membre. Chaque consortium vise à faciliter la coordination du financement de projets numériques et à accélérer leur mise en place, tout en garantissant des normes communes et une certaine interopérabilité.
Concrètement, le DC-EDIC doit servir d’incubateur de projets et favoriser l’émergence de logiciels open source et d’infrastructures numériques partagées dans des domaines clés comme l’IA, le cloud, la cybersécurité, les suites collaboratives, les réseaux sociaux… Il permettra de rassembler des développeurs, des organisations publiques et des communautés open source, puis de les aider à accéder à des financements et à lancer de nouveaux projets.
De premières initiatives sont déjà annoncées, comme le « Défi 100 jours » qui vise à créer des composants open source souverains et interopérables. Un projet pilote doit aussi être développé en collaboration avec l’Agence allemande de technologie souveraine, qui possède déjà une expertise opérationnelle et stratégique dans les infrastructures numériques ouvertes. L’objectif est d’évaluer si son savoir-faire peut être transposé à un niveau européen.
Réduire la dépendance aux solutions numériques privées étrangères
Le DC-EDIC devrait aussi servir à développer des composants de LaSuite. Il s’agit d’une suite d’outils numériques collaboratifs développée par la DINUM (Direction interministérielle du numérique) et mise progressivement à la disposition des agents publics français depuis 2024. Elle permet de communiquer, partager des documents et travailler à plusieurs dans un environnement sécurisé. Fondée sur des logiciels libres, LaSuite vise à réduire la dépendance aux solutions privées étrangères, tout en garantissant la protection des données et une meilleure maîtrise des outils numériques par l’État.
Depuis 2024, quatre autres EDIC ont déjà vu le jour, illustrant la diversité des domaines développés par ces consortiums. L’ALT-EDIC (Alliance for Language Technologies) développe notamment des modèles linguistiques européens pour l’IA, afin de préserver la diversité linguistique du continent. Le consortium Citiverse ambitionne quant à lui de connecter des jumeaux numériques de villes européennes. Son objectif est d’optimiser des politiques urbaines grâce à la donnée et à l’IA. Par exemple, en simulant l’impact de l’évolution des conditions de circulation sur la qualité de l’air, la décarbonation et la congestion.
L’EDIC Europeum a pour objet le déploiement d’infrastructures européennes de services de blockchain pour fournir des services transfrontaliers à l’échelle de l’UE. Concrètement, il pourrait améliorer la traçabilité de chaînes d’approvisionnement, la reconnaissance automatisée de l’équivalence des diplômes, le financement des entreprises entre États membres, la reconnaissance des titres de propriété, et l’échange électronique d’informations de sécurité sociale.
L’IMPACTS-EDIC a pour rôle de promouvoir des modèles de gouvernance partagée et à soutenir la numérisation des services publics transfrontaliers interopérables. L’enjeu est d’améliorer le quotidien des citoyens, des entreprises et de l’économie en simplifiant les procédures et en réduisant les charges administratives.






Réagissez à cet article
Connectez-vous
Vous avez déjà un compte ? Connectez-vous et retrouvez plus tard tous vos commentaires dans votre espace personnel.
Vous n'avez pas encore de compte ?
Inscrivez-vous !