La police allemande a interpellé une femme et un homme dans le cadre de l’enquête sur une station Starlink incendiée en Pologne, portant à quatre le nombre total des personnes arrêtées, a rapporté mardi la radio privée polonaise RMF FM, qui cite des sources anonymes.
La femme a été arrêtée à Berlin. Il n’était pas précisé où l’homme avait été appréhendé, ni quelle était la nationalité de ces deux suspects.
Lundi, le Premier ministre polonais Donald Tusk avait annoncé l’arrestation en Allemagne de deux hommes, des Turcs, soupçonnés d’avoir mis le feu en septembre à cette station, dénonçant un acte de « guerre hybride ».
Selon RMF FM, la suspecte a pu servir de conductrice aux deux Turcs et « a participé à la logistique de l’opération de sabotage ».
Les procureurs évaluent actuellement l’ampleur de son implication et si elle doit être extradée.
Le rôle du quatrième homme arrêté « fait également l’objet d’une enquête », a relevé RMF FM.
– Opérations « actuellement en cours » –
Interrogés par l’AFP, la police polonaise et le Parquet national n’ont pas répondu dans l’immédiat.
RMF FM n’a pas précisé la nationalité des deux personnes dont elle a annoncé mardi l’arrestation.
Le service de presse du parquet allemand a confirmé à l’AFP l’arrestation de « deux ressortissants turcs près de la gare de Nürtingen hier après-midi, en réponse à une demande de la République de Pologne transmise par le parquet général de Stuttgart ».
« Des opérations sont actuellement en cours. Par conséquent, aucune autre information ne peut être communiquée pour le moment », a ajouté le porte-parole
Selon le ministre polonais de l’Intérieur, Marcin Kierwinski, les deux suspects turcs font l’objet de poursuites pour « sabotage, espionnage au profit d’un service de renseignement étranger ».
La station Starlink, qui appartient à l’entreprise publique de télécommunications Exatel, sert notamment au trafic internet à travers la Pologne, y compris vers l’Ukraine, selon le ministre chargé des Affaires numériques, Krzysztof Gawkowski.
Elle est également utilisée par les systèmes SpaceX qui assurent la connectivité via les terminaux Starlink.
La station est restée opérationnelle après l’incendie.
Le lendemain, M. Gawkowski avait déclaré à la chaîne publique de télévision TVP Info que « cet acte de sabotage visait délibérément à mettre la station hors service (…) perturbant ainsi l’accès à internet pour diverses institutions, dont l’armée ukrainienne ».
La Pologne, un membre de l’Otan et de l’Union européenne situé sur le flanc oriental de ces deux blocs, a accusé la Russie de « sabotage » à plusieurs reprises depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022.
La Pologne est devenue la principale plaque tournante pour l’acheminement de l’aide militaire et humanitaire occidentale en Ukraine.
Le mois dernier, Donald Tusk a averti que les plans de la Russie dans le cadre de la guerre contre l’Ukraine comprenaient des frappes « hybrides » à l’aide de drones et de missiles contre les États alliés de Kiev.
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