Des millions de Taïwanais ont été contraints de s’abriter et l’internet mobile a été temporairement ralenti jeudi lors d’un exercice simulant une attaque chinoise de l’île.
Cet exercice s’inscrit dans le cadre des manoeuvres annuelles « Han Kuang », visant à préparer les 23 millions de Taïwanais à une éventuelle invasion chinoise. La Chine considère Taïwan comme l’une de ses provinces et a menacé de recourir à la force pour en prendre le contrôle.
A 14H30 (06H30 GMT), les sirènes d’alerte ont retenti à Taipei. Les habitants ont rejoint les parkings souterrains, stations de métro, centres commerciaux et immeubles de bureaux.
Les rues d’ordinaire animées se sont tues. La police imposait aux automobilistes de se garer et invitait les badauds à s’abriter.
Dans le cadre de ces exercices annuels, les autorités ont aussi ralenti l’internet mobile, une première, limitant ainsi pendant 30 minutes les appels vidéo ou encore les flux vidéo en direct. L’objectif ? Simuler une hypothétique attaque aérienne chinoise sur les infrastructures de communication.
« Je pense qu’il est important que les gens se fassent une idée de ce que peut représenter une perturbation d’internet », juge auprès de l’AFP Ben Lewis, du site PLATracker, spécialiste de l’armée chinoise. Et « il est très important de mettre à l’épreuve la résilience des systèmes de communications civiles », ajoute-t-il.
Pendant ces manoeuvres de 10 jours se terminant vendredi, l’armée taïwanaise a joué des scénarios de combat afin que soldats d’active et réservistes s’entraînent à réagir à une attaque chinoise.
Des bateaux des garde-côtes et de la marine ont procédé mercredi à un exercice conjoint d’escorte lors d’une simulation d’un blocus chinois des eaux à l’est de Taïwan.
Jeudi, ce sont aussi des professionnels de santé qui ont participé à un entraînement dans le parking souterrain d’un hôpital près de Taipei.
« Si je joue le rôle d’un patient et que je fais l’expérience d’une situation que je comprends (…) je pense que cela pourra m’aider à l’avenir dans ma manière de réagir aux situations d’urgence », estime auprès de l’AFP Gary Chen, salarié de l’hôpital, alité dans une unité de soins intensifs et dans un prétendu état grave.
Lily Ku, infirmière de l’unité, retient de l’exercice qu’il leur enseigne « comment descendre les lits d’hôpital au sous-sol » et changer leur manière d’agir en cas d’urgence. « Les ressources seraient différentes, alors il nous faudrait tout simplifier », explique cette soignante de 30 ans.
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