Une start-up chinoise a récupéré mercredi sur la terre ferme le premier étage d’une fusée réutilisable lancée pour mettre un satellite en orbite, une première nationale et une avancée de plus pour l’industrie aérospatiale du pays, ont rapporté les médias d’Etat.
Des experts ont indiqué à l’AFP que LandSpace est la première entreprise en-dehors des Etats-Unis à faire revenir et atterrir « sur ses pieds » un lanceur de classe orbitale.
Des images diffusées par la télévision d’Etat CCTV montrent ce qui est présenté comme le premier étage de la fusée Zhuque-3 redescendre de manière contrôlée et déployer des pieds rétractables pour se poser sur un site d’atterrissage dans le désert.
Le premier étage est la partie inférieure qui fournit la poussée initiale nécessaire pour arracher le lanceur du sol.
Le deuxième étage de l’engin a placé le satellite Honghu-03 sur une « orbite prédéfinie » après s’être détaché du premier, a décrit l’agence Chine nouvelle, qui a salué un « succès total ».
Le premier étage d’une fusée Longue Marche-10B, développée par l’Etat chinois, avait été récupéré en juillet, mais sur une plateforme en mer.
« L’atterrissage réussi de LandSpace est une réussite majeure pour le secteur spatial commercial chinois », estime Richard de Grijs, astrophysicien et professeur à l’université Macquarie en Australie.
« La Chine a désormais fait la démonstration de deux architectures de récupération différentes, tant dans son secteur spatial public que dans son secteur spatial commercial », a-t-il dit.
« En conjuguant concurrence institutionnelle et expérimentation technique, la Chine pourrait développer la capacité de lancer pour moins d’argent et à plus haute fréquence les méga-constellations de satellites qu’elle prévoit », a-t-il ajouté.
La plupart des fusées sont conçues pour un usage unique, leurs étages retombant en mer, se consumant dans l’atmosphère ou demeurant parfois en orbite comme débris.
Le premier étage est considéré comme l’élément le plus coûteux. Le récupérer et le réutiliser permet de réduire le coût des lancements.
Ces progrès confirment les ambitions de la Chine, devenue une puissance spatiale.
Elle a posé en 2019 un engin spatial (la sonde Chang’e-4) sur la face cachée de la Lune, une première mondiale. Elle a aussi fait atterrir en 2021 un petit robot sur Mars.
Elle proclame son objectif d’envoyer des humains sur la Lune d’ici 2030.
Elle a cependant reconnu la semaine passée une « anomalie » lors du lancement d’une fusée Longue Marche transportant un satellite de communication. Des médias ont évoqué une explosion en vol.
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