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Recréer une urbanité
La construction de demain – matrice du « vivre ensemble »
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Recréer une urbanité
La construction de demain – matrice du « vivre ensemble »

Auteur(s) : Christophe GOBIN

Date de publication : 10 août 2021 | Read in English

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RÉSUMÉ

La crise sanitaire que nous devons affronter est également l’occasion de revisiter nos pratiques constructives. Pour envisager une transition qui apparait indispensable afin d’engager la construction de demain, il nous faut réfléchir à son rôle face à la collectivité. Et c’est en fonction de cette réflexion que pourront se dessiner les traits essentiels d’une nouvelle approche de cette activité.

Cet exercice n’est pas aisé, car il suppose de se départir des habitudes traditionnelles qui ont fait du construit un mal nécessaire en occultant ses impacts réels sur les modes de vie. Il s’agit donc d’inverser la mise en perspective et de faire de la construction un vrai vecteur du changement sociétal. Et cela conduira à repenser l’objet construit.

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Auteur(s)

INTRODUCTION

Les philosophes n’ont fait qu’interpréter diversement le monde, il s’agit maintenant de le transformer. » Karl Marx

C’est un euphémisme de dire que la construction ne jouit pas d’une renommée très positive. Certes, certains ouvrages relevant du génie civil attirent l’attention du fait de leur caractère exceptionnel. Mais la production courante ne cesse d’appeler des récriminations tant pour leur qualité d’exécution que pour leur coût d’acquisition.

Ce constat n’est pas seulement une humeur inhérente face à une profession qui n’a jamais dépassé une organisation dite vernaculaire. Il est beaucoup plus profond puisqu’il concerne aussi l’accès au logement encore loin de répondre aux besoins collectifs. Pourtant ce qui surprend le plus c’est la récurrence de cet état. Les rapports très renseignés sur cette situation se succèdent périodiquement mais n’induisent aucun changement structurel. La productivité du secteur reste toujours aussi décriée malgré des mesures d’accompagnement incitatif qui s’avèrent inopérantes.

Pour s’en tenir au contexte français les pouvoirs publics ont entrepris des politiques successives sans succès puisque chacune s’est soldée par une remise en cause. La préfabrication du logement collectif a cédé le pas à la construction individuelle elle-même critiquée par son effet de mitage et de destruction de l’environnement naturel. L’appel à l’initiative du secteur privé n’a pas eu plus de réussite. En fait, une certaine fatalité semble devoir accompagner ce secteur économique pourtant essentiel à l’activité du pays puisqu’il en est le premier en termes de contribution au PIB national.

Cependant, la pandémie que nous subissons va peut-être offrir les conditions d’une nouvelle mise en perspective de cette question.

À bien y réfléchir ce problème n’a jamais été abordé sur le fond mais a toujours été traité sur un mode d’ordre technique. Pour être plus explicite encore il n’a jamais été envisagé d’un point de vue sociétal. La question urbaine a bien été soulevée dans les années 70 mais n’a jamais reçu une écoute réelle puisqu’elle a été cantonnée à une querelle politique de peu de poids vis-à-vis de l’inertie de ce secteur industriel. Avec la crise sanitaire actuelle les termes du débat redeviennent d’actualité puisque c’est la nature même de l’urbain qui est remis en cause. La discussion n’est plus seulement un problème technique de productivité, elle porte sur la nature de l’objet construit lui-même.

La crise sanitaire actuelle remet en cause les finalités de ce secteur économique. Construire certes mais dans quel objectif ? Cette formulation n’est pas neutre car elle soulève deux problématiques à savoir :

  • redéfinir la contribution du secteur dans l’évolution de nos modes de vie et de l’organisation collective ;

  • rechercher les voies techniques les plus appropriées pour mettre en œuvre des réponses respectant mieux notre environnement naturel.

Ces deux volets sont sans doute complémentaires mais c’est bien le premier qui conditionne tout l’avenir. Et de ce point de vue c’est un ressort essentiel pour envisager un nouveau statut de la construction.

Cet article est une tentative pour explorer les termes d’une nouvelle approche constructive tirant parti des acquis techniques mais exploitant autant que faire se peut le potentiel d’une innovation dédiée.

Pour engager cet exercice, la première étape consiste à établir un diagnostic partagé de la situation. En effet, établir une feuille de route suppose au préalable de mieux connaitre l’état de départ et de fixer les termes de l’objectif à atteindre. Toutefois la condition première est bien celle de l’analyse de la situation. Et celle-ci ne peut pas s’opérer de manière conventionnelle. Il ne s’agit pas seulement de dresser un constat mais bien d’en rechercher les ressorts. Le but est de chercher à comprendre ce qui explique la situation présente, qui n’est pas une fatalité mais le résultat d’une organisation sinon voulue mais du moins acceptée.

C’est sur cette base qu’il est alors possible de construire et d’agencer les actions à entreprendre. Il s’agira moins de dresser l’inventaire des démarches envisagées que de définir les conditions rendant accessible une telle entreprise. Car ce qui importe ce n’est pas tant d’initier un processus linéaire mais plutôt d’engager un contexte propice aux initiatives des différents acteurs mobilisés par une transformation concernant à la fois la technologie et l’organisation. Ce challenge est ambitieux mais il est à la mesure de la complexité d’une conjoncture tout à la fois difficile mais aussi impérieuse quant au changement à déployer.

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DOI (Digital Object Identifier)

https://doi.org/10.51257/a-v1-c8133

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2. Recréer une urbanité

Pour mener à bien cette transition entre la situation actuelle et un devenir plus satisfaisant, il est d’abord nécessaire de préciser le périmètre concerné. En effet, les efforts à déployer ne peuvent s’entendre que dans un contexte favorable.

Le prérequis indispensable est d’opérer avec la probabilité de susciter un effet d’entrainement. Ce bénéfice est la spécificité des régions dites métropolitaines. À cela plusieurs raisons.

  • La première est la capacité de pouvoir mobiliser des fonds indispensables pour réaliser des opérations exemplaires.

    Cela suppose qu’il existe un certain dynamisme générant des opportunités d’investissement. Ce climat proactif n’est bien sûr pas l’apanage des seules métropoles mais l’effet de levier n’est possible que dans cette situation de densité qui démultiplie les initiatives. Néanmoins, il ne s’agit pas de réduire la métropole à la seule concentration urbaine. Elle doit s’entendre comme un territoire plus large associant une conurbation et toute sa périphérie du sens donné au phénomène de polarisation. Il s’agit d’un ensemble interdépendant et proche de l’autosuffisance grâce à un métabolisme régulé. Dans cette perspective, les contextes à privilégier sont donc ceux des aires métropolitaines qui constituent une étape ultime du développement urbain.

  • Toutefois, ce choix s’explique aussi par des considérations géopolitiques.

    La mondialisation qui s’est amplifiée depuis quelques décennies a montré ses excès mais elle ne s’éteindra pas. Les flux marchands continueront à travers un réseau d’échanges entre pôles complémentaires. Et c’est cette dynamique de flux qui entretient le ressort de l’innovation et du changement. Car il ne faut pas confondre autosuffisance alimentaire et autarcie. Les conditions climatiques et géographiques conduisent nécessairement à une spécialisation qui appelle des compléments extérieurs. Et cette circulation de biens, de capitaux mais aussi de personnes n’est sans doute pas étrangère à la condition humaine qui a toujours été marquée de la tension entre sédentaires et nomades. Ce n’est pas du tout une vision eschatologique mais elle explique le déclin de certaines formes urbaines qu’il serait illusoire de chercher à maintenir...

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BIBLIOGRAPHIE

  • (1) - KINSEY (M.) -   Productivité du secteur,  -  juin 2020 https://www.mckinsey.com/business-functions/operations/our-insights/the-next-normal-in-construction-how-disruption-is-reshaping-the-worlds-largest-ecosystem.

  • (2) - LABORIT (H.) -   L’homme et la Ville,  -  Éditions Flammarion (1965).

  • (3) - FLEURY (C.) -   Guérir du ressentiment,  -  Éditions Gallimard (2020).

  • (4) - AGHION (P.) -   Le pouvoir de la destruction créatrice,  -  Éditions Odile Jacob (2020).

  • (5) -   Que faire après demain ?  -  (Pavillon de l’arsenal), Exposition https://www.pavillon-arsenal.com/fr/expositions/11722-et-demain-on-fait-quoi.html (2020).

  • (6) - VALERY (P.) -   La méthode de Léonard de Vinci, 1894,  -  réédition...

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