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RÉSUMÉ
Les cellules d’insectes sont largement utilisées pour produire des protéines recombinantes matures et actives. Associées aux vecteurs baculovirus, elles sont particulièrement adaptées pour la production de vaccins recombinants, pour des applications vétérinaires ou chez l’homme. En raison de la nature binaire de ce système, le développement de procédés de production nécessite l’intégration et un réglage fin de paramètres liés d’une part au virus et, d’autre part, aux cellules.
Cet article présente les différents modules qui composent le système de production basé sur les cellules d’insecte et le baculovirus. Les faiblesses identifiées ainsi que les axes majeurs de développement de cette technologie sont également décrits.
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Hassan CHAABIHI : Directeur - Agate bioservices, Bagard, France
INTRODUCTION
La recherche biopharmaceutique moderne et le développement de nouvelles solutions thérapeutiques s’appuient le plus souvent sur l’étude des gènes et des protéines pour lesquelles ils codent. L’avènement de technologies de séquençage de génomes entiers à haut débit et la disponibilité de la puissance de calcul nécessaire à l’exploitation des données générées ont considérablement renforcé le rôle du génie génétique. C’est ainsi que les mécanismes fondamentaux de la vie – que sont la transcription de l’ADN, puis la traduction des ARN messagers – sont exploités dans une large panoplie de systèmes vivants pour synthétiser des protéines qui seront utilisées dans les programmes de développement pharmaceutique.
Que ce soit pour réaliser des tests de criblage in vitro de molécules chimiques, pour construire des modèles cellulaires exprimant tel ou tel récepteur, développer un anticorps monoclonal thérapeutique ou encore un vaccin recombinant, le recours à un système de production de protéines recombinantes est le plus souvent la règle.
Parmi ces systèmes, les cellules d’insecte occupent une place intermédiaire entre les bactéries (procaryotes), puis les eucaryotes unicellulaires (levures), d’une part, et, d’autre part, les cellules de mammifères supérieurs, telles que les CHO (Chineese Hamster Ovary cells). La bactérie Escherichia coli a été le premier système développé pour la production d’une protéine thérapeutique, l’insuline humaine. Cet organisme, par sa simplicité d’utilisation et son faible coût, est très souvent évalué en première intention. Cependant, l’absence de modifications protéiques post-traductionnelles importantes, comme les glycosylations, rend assez souvent indispensable le recours à des systèmes eucaryotes.
À l’autre bout de la chaîne, les cellules de mammifères (CHO principalement) sont aujourd’hui le système de choix pour produire les protéines thérapeutiques complexes. Les anticorps monoclonaux, dont largement plus d’une centaine sont approuvés et mis sur le marché, sont l’exemple par excellence de protéines multimériques complexes produites dans ces cellules.
Les cellules d’insecte sont très largement utilisées pour produire des protéines pour la recherche biopharmaceutique. Elles s’imposent comme une alternative très intéressante pour accomplir les modifications co- et post-traductionnelles complexes requises pour un grand nombre de protéines, notamment humaines. Grâce au vecteur baculovirus, elles sont rapides à mettre en œuvre et permettent le plus souvent d’obtenir des rendements de production importants (de 100 mg à 1 g/L). Ce système d’expression présente par ailleurs une sécurité biologique accrue. Les éléments qui y sont mis en œuvre ne présentent aucun risque pathogène ni pour les vertébrés ni pour les plantes.
Malgré quelques inconvénients qui freinent son développement à grande échelle pour la bioproduction pharmaceutique, le système baculovirus/cellules d’insecte a trouvé dans les vaccins un premier domaine de prédilection. Plusieurs vaccins, humains ou vétérinaires, produits par ce système sont sur le marché. Des procédures robustes de culture et de fermentation des cellules d’insecte existent et leur développement est continu, ce qui va certainement lui assurer une part de plus en plus importante en bioproduction. Pour les vaccins en particulier, le champ est immense car un grand nombre de virus ou d’autres micro-organismes pathogènes ne disposent pas encore de solutions vaccinales satisfaisantes. Par ailleurs, la mobilité à l’échelle mondiale favorise la dissémination de pathogènes et augmente les risques épidémiques. La rapidité avec laquelle certains vaccins spécifiques peuvent être produits par ce système est un atout majeur.
En parallèle d’une progression dans le domaine des vaccins, le baculovirus et les cellules d’insecte connaissent un développement important et rapide dans le domaine du transfert de gènes et de la thérapie génique. Ces dernières années, ce système s’est en effet imposé comme l’un des outils les plus performants pour produire des particules du virus adéno-associé (AAV) aptes à traiter des maladies génétiques chez l’homme. Des virus AAV recombinants produits dans les cellules d’insecte sont d’ores et déjà sur le marché.
L’objectif du présent article est de fournir une vue large de la principale technologie de production de protéines et de complexes protéiques dans les cellules d’insecte, tout en illustrant son positionnement de plus en plus fort dans le domaine des vaccins recombinants et des vecteurs pour la thérapie génique. D’un point de vue technique, les méthodes de construction de vecteurs et de culture des cellules sont décrites. Les paramètres qui permettent la mise en place et l’optimisation de procédés de bioproduction sont définis. Enfin, des axes importants de développements scientifiques et technologiques sont mis en perspective afin de souligner le potentiel de ce système.
un glossaire des termes et des expressions importantes de l’article est proposé en fin d’article.
VERSIONS
- Version archivée 1 de mai 2015 par Hassan CHAABIHI
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4. Production en cellules d’insecte et développements industriels
Les protéines recombinantes produites dans les cellules d’insecte sont générées lors d’une infection virale ; leur quantité et qualité, ainsi que la fiabilité et la reproductibilité du procédé de production, sont toutes dépendantes de l’interaction entre le virus et la cellule hôte. Cette interaction dépend à la fois des caractéristiques génétiques du virus, mais également des paramètres physiologiques spécifiques à la cellule.
Pour la mise en place de procédés de production robustes et fiables, répondant aux standards de qualité et aux contraintes réglementaires, il est essentiel de définir de la manière la plus fine possible les paramètres impliqués dans l’interaction virus-cellule.
4.1 Banques cellulaires
L’objectif premier d’une banque cellulaire est de disposer de suffisamment d’échantillons pour initier les cultures tout au long de la vie d’un produit. Les banques doivent être préparées à partir de cultures authentiques, constituées d’une population cellulaire uniforme dont l’historique est le plus documenté possible. Leur qualité doit être garantie par des contrôles de stérilité, d’absence de mycoplasmes et spiroplasmes, de niveau de viabilité et de sécurité biologique (endotoxines, tumorigénicité). L’inoculum cellulaire de départ doit avoir un nombre de passages le plus faible possible, ne dépassant pas 40 ou 50 idéalement. Les cellules ayant un nombre de passages faible ont des tailles plus petites et peuvent produire jusqu’à 20 fois plus de protéines que les cellules ayant un nombre de passages élevé (supérieur à 100). Ce phénomène est typiquement la conséquence d’une dérive génétique associée à une hétérogénéité accrue de la population cellulaire.
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Les cellules sont amplifiées dans un volume suffisant jusqu’à atteindre leur phase exponentielle de croissance. Elles sont réparties dans des ampoules de congélation en présence notamment de DMSO, puis mises en congélation en suivant des paliers de températures négatives jusqu’à la conservation finale dans l’azote liquide. En général, les suspensions cellulaires sont congelées à une densité de 1 × 107 cellules/mL....
Production en cellules d’insecte et développements industriels
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BIBLIOGRAPHIE
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DANS NOS BASES DOCUMENTAIRES
NORMES
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AFNOR Biotechnologie – Laboratoires de recherche, développement et analyse – Guide pour les opérations de laboratoires biotechnologiques - - 1999
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AFNOR Biotechnologie – Procédé à grande échelle et production – Guide pour la manipulation, l'inactivation et le contrôle des déchets - NF EN 12461 - 1998
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Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé (ANSM) – Guide des bonnes pratiques de fabrication, décision du 6 mai 2019 modifiant la décision du 29 décembre 2015 relative aux bonnes pratiques de fabrication des médicaments. Annexe 2 : fabrication des substances actives et des médicaments biologiques à usage humain - - 2020
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