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Areva se retire de l’éolien en mer

Posté le par La rédaction dans Entreprises et marchés

Coup dur pour la filière industrielle française des énergies renouvelables. Areva a annoncé le 15 septembre dernier avoir exercé son option de cession à l’Espagnol Gamesa de sa participation dans Adwen, sa filiale dédiée à l’éolien offshore.

Si la vente d’Adwen n’est pas une surprise – elle est consécutive au mariage de Siemens avec Gamesa en juin dernier – son acquéreur est resté en suspens tout l’été. Un temps pressenti et malgré une offre jugée insuffisante, General Electric (GE) a dû jeté l’éponge. L’affaire Alstom, dont la branche Energie a été rachetée par l’Américain, ne jouant guère en sa faveur politiquement.

Records technologiques, mauvais résultats

La vente d’Adwen a lieu quelques semaines après la communication du nouveau prototype d’éolienne AD 8-180, la plus grosse turbine sur le marché (8 MW) et disposant de la plus longue pâle (88 m) au monde, confirmant le positionnement haut de gamme de la compagnie. La course à la puissance des turbines est un des jalons de réduction des coûts élevés de l’éolien en mer car cela signifie moins de machines à puissance égale. En France, l’entreprise affiche un portefeuille de projets en cours de 1 400 MW répartis sur trois parcs. Areva assure que : « Gamesa a connaissance des engagements souscrits par Adwen au titre des appels d’offres portant sur les installations éoliennes de production d’électricité en mer en France métropolitaine. Ces engagements resteront portés par Adwen », confirme le groupe français au bord de la faillite.

La recapitalisation d’Areva, à hauteur de 5 milliards d’euros par l’Etat actionnaire, est en partie due aux lourds dérapages de délais et coûts sur les chantiers EPR de Flamanville (France) et Olkiluoto (Finlande), l’affaire Uramin, mais également à l’hasardeuse diversification dans les énergies renouvelables (solaire, éolien, biomasse) initiée au début des années 2000 par la présidente de l’époque, Anne Lauvergeon. Tous les projets se sont malheureusement soldés par des échecs et la facture s’élèverait à pas moins de 1,5 milliards d’euros pour le groupe public, selon Les Echos. Le feuilleton Adwen n’aura pourtant été que l’une des nombreuses turbulences qui secouent le marché de l’éolien actuellement en pleine restructuration. Favorisé par les aides financières aux énergies renouvelables, les acteurs du secteur ont dû adapter leur business model à la fin programmée de ces subventions.

Concentration

Grand vainqueur de l’opération : Siemens. En plus de son mariage réussi avec Gamesa, le groupe allemand voit une technologie susceptible d’être acquise par un concurrent retourner dans son giron, confortant son leadership dans l’éolien terrestre et en mer. Le couple pèse désormais 10 milliards d’euros de capitalisation boursière. Quelques mois plus tôt, c’était la partie Energie d’Alstom – dont la branche éolienne – qui était absorbée par GE pour plus de 12 milliards d’euros. Les autres acteurs étant Vestas, Senvion, Nordex ou encore Enercon. Ces mouvements de concentration massifs répondent à l’émergence d’une concurrence asiatique. Pour la première fois en 2014, une entreprise chinoise, Goldwind, est devenue le premier vendeur de turbines éoliennes du monde, porté par un marché domestique en pleine expansion. Les groupes occidentaux cherchent à maximiser les économies d’échelle et minimiser la concurrence domestique pour faire face à la nouvelle venue d’Asie. Reste à savoir si cela suffira. Seule certitude, dans cette bataille économique il n’y aura pas d’acteurs français de référence.

Par Romain Chicheportiche

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