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Décryptage

Arkema mise sur son polyamide bio

Posté le par La rédaction dans Matériaux, Biotech & chimie

Le chimiste français investit beaucoup en Inde pour assurer sa position de leader en polyamide biosourcé.

Arkema est le seul à produire un polyamide d’origine renouvelable à partir d’huile de ricin. Il s’agit de sa gamme nommée Rilsan, dont le PA 11 est le fer de lance.  Depuis, la gamme s’est étendue et Arkema commercialise plusieurs dérivés comme l’adhésif Platamid®, le Pebax Renew®, version bio du Pebax fabriqué à partir du pétrole, ou encore le Rilsan G120 qui a la propriété d’être transparent et trouve des applications en lunetterie. Dernier né des polyamides verts, le Rilsan HT® tire son nom de sa résistance aux hautes températures puisqu’il reste opérationnel jusqu’à 220°C, bien mieux que les 150°C intermittents supportés par le reste de la gamme.

Le Rilsan HT peut donc être utilisé au plus près des moteurs automobiles, comme vanne EGR par exemple. De plus, le Rilsan HT est à 70% renouvelable. « Le Rislan HT tient vraiment bien la température tout en étant flexible, ce qui en facilite grandement le montage » précise José Teixeira Pires, General manager pour les polyamides longues chaines à Arkema. Ainsi, malgré un coût à l’achat supérieur au métal, il permet des économies de process significatives.

Aujourd’hui, Arkema mise clairement sur le biosourcé et poursuit des efforts pour étendre son leadership dans le domaine.  En effet, un tel PA répond aux besoins des marchés, à savoir des matériaux de plus en plus techniques, respectueux de l’environnement et permettant d’abaisser les coûts. 

Les polyamides techniques représentent « seulement » 200 000 tonnes produites chaque année, à comparer aux quelques 8 millions de tonnes de polyamides au total. Les PA biosourcés bénéficient d’une forte demande dans les secteurs du transport et de l’exploration pétrolière. Côté automobiles et camions, ils permettent de gagner en poids, en performance et en coût. Les PA techniques représentent une solution alternative au métal. En revanche, pour la recherche de pétrole ces polyamides sont la seule solution pour explorer au large des côtes, sur des plateformes de type « bateau » et donc mobiles. Les tubes métalliques ne permettent pas  de suivre les mouvements du navire, d’où l’utilisation de tubes mixtes associant métal et plastique. Ainsi, tels les tuyaux de douche, ils acquièrent la flexibilité nécessaire à l’exploration pétrolière sur plateforme mobile.

En parallèle, le chimiste français cherche à s’imposer dans les pays émergents. En 2012, Casda Biomaterials et Hipro Polymers tombent dans son escarcelle. Le premier est leader de l’acide sébacique, un acide issu de l’huile de ricin, tandis qu’Hipro est producteur de polyamides bio-sourcés, plus particulièrement du PA 10.10.

En pratique, Casda achetait l’huile de ricin et Hipro lui achètait le monomère nécessaire pour fabriquer des polymères biosourcés. « Cette acquisition […] présente de formidables relais de croissance pour nos polyamides de haute technicité et nous positionne comme le seul producteur au monde disposant de la gamme complète des polyamides 10, 11 et 12 »s’est alors félicité Thierry Le Hénaff, Président-Directeur général d’Arkema. 

Dans cette même  logique, les frenchies se rapprochent aussi de l’Inde, premier producteur mondial d’huile de ricin, et viennent de prendre une participation de 25% dans le capital de la société Ihsedu Agrochem, producteur indien d’huile de ricin.

Par Audrey Loubens

Posté le par La rédaction


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