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Bruxelles veut jeter les déchets dans les poubelles de l’histoire

Posté le par La rédaction dans Environnement

Dépêche AFP publiée le 2 juillet 2014

La Commission européenne a affiché mercredi son ambition d'extraire l'Europe du cercle vicieux "produire, consommer, jeter", et proposé d'intensifier le recyclage des déchets d'ici 2030, une avancée saluée mais jugée un peu courte par les écologistes.

Dans un projet de directive visant à remettre à plat la législation en matière de gestion des déchets, l’exécutif bruxellois prône l’abolition en 2025 de la mise en décharge des déchets recyclables.

La Commission demande aux Etats de redoubler d’efforts, en portant d’ici 2030 à 70% la part des déchets dits « municipaux » recyclés.

Pour les emballages en particulier, le pourcentage devra être de 80%, avec toutefois plus d’indulgence pour le plastique, où l’objectif est de 60%, que pour le papier ou le fer, qui devront être recyclés à hauteur de 90%.

La Commission préconise aussi, mais sans l’imposer aux Etats membres, de réduire d’ici 2025 d’un tiers le gaspillage alimentaire et les déchets marins. Elle conseille aussi de réserver l’incinération aux seules ordures non recyclables.

Selon la Commission, un tel effort générerait des économies de l’ordre de 600 milliards d’euros, et permettrait de créer 180.000 emplois directs.

Il permettrait à l’UE de maîtriser sa production de déchets, de l’ordre de 2,5 milliards de tonnes en 2011. Seuls 42% d’entre eux ont été recyclés en 2012, le reste étant mis en décharge ou incinérés, avec d’importants écarts entre Etats.

Six pays arrivent en tête, avec moins de 3% des déchets recyclables mis en décharge (Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Pays-Bas et Suède), mais quatre stagnent (Roumanie, Malte, Lettonie et Grèce), avec plus de 80% des ordures jetées. Entre ces deux pôles, le pourcentage de recyclage est de l’ordre de 50%.

En domestiquant ses poubelles, l’UE peut accélérer sa mutation vers « l’économie circulaire, où le réemploi, la réparation et le recyclage deviennent la norme, et les déchets font partie du passé », a souligné la Commission.

Pour le commissaire européen à l’Environnement, Janez Potocnik, la transition s’impose si l’UE veut rester compétitive « dans le monde du 21e siècle, des économies émergentes et des millions de nouveaux consommateurs ».

« Il y aura des résistances » tant nationales qu’industrielles, a-t-il admis. Mais il a appelé les réfractaires à prendre conscience qu’à l’avenir, « il y aura de la croissance verte ou il n’y aura pas de croissance ».

Les ONG environnementales ont salué dans ces propositions un pas en avant, mais l’ont jugé insuffisant, réclamant notamment des mesures strictes pour limiter l’incinération, afin d’éviter que les Etats n’y recourent comme solution de rechange aux décharges.

L’une d’entre elles, le Bureau européen de l’Environnement, a aussi souligné la nécessité que gouvernements et députés européens imposent l’harmonisation du calcul des taux de recyclage proposée par la Commission, pour que les Etats ne comptabilisent que ce qui est envoyé au recyclage final et ne gonflent pas les taux de recyclage en incluant les matériaux mal triés.

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