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Décryptage

La NASA ne comprend pas d’où vient le surplus de tétrachlorure de carbone présent dans l’air

Interdit par le protocole de Montréal depuis 1987, ce polluant est toujours émis sans que l’on sache avec certitude quelles sont les sources.

D’où vient tout ce tétrachlorure de carbone (CCl4) ? C’est la question que pose la NASA qui vient d’en détecter une quantité incompréhensible. En effet, alors que l’usage de CCl4 a été interdit en 1985 du fait de sa toxicité et de son impact sur la couche d’ozone qu’il contribue à détruire, les ingénieurs américains  ont pourtant constaté une quantité inexpliquée de CCl4 dans l’atmosphère. Alors que son taux aurait dû diminuer de 4% par an, il semble qu’il ne baisse que de 1%. 

Mais alors pourquoi autant de CCl4 ? Cet agent chimique était massivement utilisé par les industriels comme solvant ou réfrigérant. Mais alors que depuis 2007 (et jusqu’à 2012) aucune émission n’a été déclarée par les états signataires du protocole, il apparait que ces émissions ont pourtant  atteints 39 000 tonnes par an en moyenne. Un chiffre loin d’être négligeable et qui témoigne soit d’émissions illégales ou inconnues, soit d’un mécanisme de dégradation erroné.

Depuis plus de dix ans, la communauté scientifique s’interroge sur la décroissance beaucoup trop lente du niveau de CCl4 en comparaison avec la théorie.

L’évolution du taux de CCl4  a été modélisée par l’équipe du Professeur Liang à l’aide d’un logiciel de la NASA et en considérant les données atmosphériques des différents réseaux d’observation autour du globe. Ce sont ces simulations qui signalent le taux anormalement élevé de CCl4. Les travaux publiés dans Geophysical Research Letters révèlent en outre que le CCl4 présente une durée de vie dans l’atmosphère 40% plus longue que celle attendue ! Autant de désaccords entre la théorie et la pratique inquiétants.

Reste à la communauté internationale à déterminer l’origine de ces écarts : existe-t-il des modèles de dégradation du CCl4 inconnus ? Des industriels continuent-ils à utiliser ce polluant en toute illégalité ? Existe-t-il des sources naturelles non identifiées ?

L’enquête ne fait que commencer.

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique


Cet article se trouve dans le dossier :

Airbus, Thalès, Safran, fleurons de l'industrie française de la défense
https://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/thematique/innovations-sectorielles/

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