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Le robot Charman soude les coques des bateaux

Posté le par La rédaction dans Innovations sectorielles

Testé sur les chantiers de Saint-Nazaire, Charman est un chariot-robotisé qui soude de manière autonome les coques des navires. Développé par l'IRT Jules Verne, il pourrait être industrialisé d'ici à la fin de l'année.

Les robots conquièrent tous les secteurs de l’industrie, y compris la construction navale. C’est en l’occurrence la filière professionnelle empruntée par Charman, dont la tâche consistera à assembler par soudure les morceaux de coques préfabriqués d’un navire. Ce chariot autonome robotisé multifonctions pour applications navales, abrévié en Charman donc, a été élaboré par l’Institut de Recherche Technologique (IRT) Jules Verne, un centre de recherche semi-public dédié à la production industrielle. Des partenaires tels que Bureau Veritas, la DCNS (anciennement Direction des constructions navales) et STX France, constructeur maritime, sont associés au projet, qui a débuté en janvier 2014.

Charman a été conçu pour répondre à plusieurs problématiques de cette industrie. «Ces opérations de soudage sont longues et éprouvantes et Charman a pour vocation de soulager l’opérateur et de prévenir les troubles musculosquelettiques, précise Philippe Piard, responsable du développement des filières navale/énergie au sein de l’IRT Jules Verne. Par ailleurs, les constructeurs rencontrent des difficultés pour recruter des soudeurs en France.» La brochure de l’IRT Jules Verne évoque en supplément la suppression des coûteux échafaudages et la diminution des risques d’accident encourus par les opérateurs, contraints de travailler à plusieurs dizaines de mètres du sol.

Une productivité améliorée de 50%

Ce robot – ou plutôt cobot car c’est un robot collaboratif qui accompagne les professionnels humains – se déplace sur ces parois verticales et métalliques à l’aide de chenilles magnétiques. L’aimantation résiste à une force d’arrachement d’une quarantaine de kilos, soit le poids de Charman. L’équipement est complété par l’appareillage de soudure et un profilomètre qui mesure le relief de la surface. Autonome, Charman ajuste la trajectoire programmée par l’opérateur et analyse la configuration (épaisseur, chanfrein…) du joint à souder pour optimiser la répartition des cordons de soudure. «Il peut travailler sur des coques de 8 à 25 millimètres d’épaisseur, explique Philippe Piard. Sauf celles des sous-marins, les constructions militaires étant plus exigeantes.» Selon le site internet de l’IRT Jules Verne, la reproductibilité de l’opération est meilleure et la productivité progresse de 50%.

Charman a été évalué en 2015 par STX France, sur le site de Saint-Nazaire. Les essais ont été concluants puisque ce projet pourrait être industrialisé en fin d’année par la société Servisoud, qui commercialise des équipements de soudage. Une deuxième version est toutefois en cours de test. «Les évolutions sont techniques et esthétiques, développe Philippe Piard. Par exemple, un nouveau système de crémaillères permet d’améliorer les déplacements sur des trajectoires horizontales. L’idée, par la suite, serait d’ajouter une caméra et un dispositif de contrôle par ultrasons, afin que Charman puisse aussitôt vérifier la qualité de la soudure.»

Par Frédéric Monflier

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