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Echodrone, le bateau-robot du port d’Anvers

Posté le par Iris Borel dans Innovations sectorielles

Le bateau Echodrone, expérimenté dans le port d'Anvers, sonde de manière autonome la profondeur de l'eau. Originalité : le cloud est à la barre.

Au festival international technologique Supernova à Anvers (Belgique), dont la première édition s’est déroulée du 27 au 30 septembre derniers, le public a fait la connaissance d’Echodrone, le petit bateau qui va sur l’eau de manière autonome. Actuellement en phase de test dans ce même port d’Anvers, où transitent chaque année 224 millions de tonnes de marchandises (deuxième rang européen derrière Rotterdam), Echodrone devrait être opérationnel l’an prochain.

Ce bateau robotisé a pour mission de sonder la profondeur de l’eau le long des voies de navigation et de mouillage, en particulier dans le dock Deurganck où il sera basé. Il identifie ainsi les zones nécessitant des travaux de dragage, les fonds marins s’élevant en permanence sous l’action du dépôt sédimentaire. C’est un impératif dans les infrastructures portuaires, pour que le trafic maritime soit sûr. Echodrone est appelé à seconder le vaisseau-mère Echo, qui remplit la même tâche et bénéficie quant à lui d’un équipage. En raison de sa petite taille, il se faufile partout, à plus forte raison quand le trafic est dense, et n’a pas besoin de personnel à bord.

C’est l’entreprise dotOcean, sise à Bruges, qui a mis au point la technologie à l’origine d’Echodrone. Elle fournit tout le nécessaire (propulsion électrique, batteries, coque…) ou juste le dispositif AYB (pour Automate your boat) qui servira à équiper un bateau existant. Ce kit AYB, commercialisé à partir de 15000 €, contient l’unité qui actionne le moteur du bateau, le système de communication 3G/4G accompagné de deux cartes SIM, le compas de navigation, le GPS (un GPS externe est possible), une tablette tactile et aussi un contrôleur radio, le pilotage manuel étant envisageable à tout moment.

Cartographie enrichie

A bord, il n’y a aucune trace de détecteurs ou de caméras, qui permettraient à ce bateau d’analyser son environnement immédiat et de se frayer son chemin au milieu des porte-conteneurs. Et pour cause : la vigie et le capitaine sont restés à terre et ont pris la forme d’algorithmes, qui décident automatiquement du cap et de la vitesse. «Notre technologie repose intégralement sur le cloud, précise Wim Defevere, directeur technique senior en charge des accès maritimes auprès de l’Autorité portuaire d’Anvers. Les consignes de navigation sont le produit des données provenant de tous les systèmes portuaires, dont les radars (…).»

Facturée 85 €/mois, cette plateforme logicielle établit une cartographie de la zone où évolue Echodrone, enrichie de la position des autres navires, et calcule la meilleure trajectoire avant de la transmettre au bateau-robot via le réseau 3G/4G. Elle fait appel à des fonctions d’apprentissage automatique, selon dotOcean, mais l’entreprise belge n’en dit pas plus. A l’aide de son navigateur web ou de sa tablette tactile, l’utilisateur n’a besoin que de planifier la campagne de mesure et obtient en retour les résultats de l’opération, à savoir la profondeur de l’eau ou un autre paramètre selon le type d’instrument embarqué. DotOcean n’en est pas à son coup d’essai et a conçu un autre navire automatisé, Calypso, destiné à des mesures hydrographiques.

Frédéric Monflier

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