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Les fournisseurs européens très inégaux en termes d’électricité verte

Posté le par Chaymaa Deb dans Énergie

L'ONG Greenpeace vient de publier la deuxième édition de son Guide de l'électricité verte. Pour cela, plusieurs fournisseurs ont notamment été évalués sur l'origine de leurs capacités de production, et sur leurs investissements consentis dans les énergies renouvelables. Entre réels efforts et greenwashing, tous les fournisseurs européens ne se valent pas.

Les fournisseurs qui exercent en France s’avèrent inégaux lorsqu’il s’agit d’électricité verte. Pour la deuxième année consécutive, l’ONG Greenpeace a publié un classement intitulé Guide de l’électricité verte. Ce dernier permet de faire le point entre les réelles pratiques en termes d’électricité verte et celles relevant plutôt du greenwashing, c’est-à-dire le procédé marketing utilisé par certaines marques pour se donner une image responsable écologiquement mais sans actions concrètes. Cette évaluation s’inscrit dans le cadre d’un marché toujours plus demandeur en énergies propres. « Globalement, les consommateurs et consommatrices sont de plus en plus en demande d’énergies renouvelables et les fournisseurs de plus en plus tournés vers ces technologies » indique Greenpeace.

Dans ce nouveau rapport, Greenpeace indique également que « l’évolution porte aussi et surtout sur la politique de production d’électricité renouvelable : 11 producteurs d’électricité ont augmenté leurs capacités installées en matière d’énergie renouvelable et 15 fournisseurs ont déclaré avoir contribué au raccordement de nouvelles installations renouvelables depuis 2017 ». Les Français sont quant à eux 61% à s’intéresser aux « offres vertes », selon le baromètre du médiateur de l’énergie. Par ailleurs, Greenpeace évoque une hausse du nombre de contrats concernant l’électricité verte sur l’année 2018.

Cinq fournisseurs « vraiment verts » contre trois en 2017

Dans le cadre de son enquête, Greenpeace a compté une trentaine de fournisseurs d’électricité présents sur le marché français. Aujourd’hui, 70% des offres proposées aux consommateurs sont vertes. L’ONG les met néanmoins en garde contre le piège de la « garantie d’origine ». Dans les faits, la législation européenne permet à un fournisseur d’électricité d’acheter un certificat de « garantie d’origine ». Or, l’électricité ainsi labellisée peut très bien provenir d’une centrale nucléaire ou à charbon. En outre, le classement permet de distinguer quatre groupes de fournisseurs d’électricité. Les fournisseurs « vraiment verts », ceux qui sont « en bonne voie », les fournisseurs « à la traîne », et les « vraiment mauvais ».

En France, cinq fournisseurs proposent de l’électricité 100% issue d’énergies renouvelables. Les leaders ex æquo sont Enercoop et Planète Oui, suivis par Urban Solar, Ilek et Plüm Énergie. « Les 85 000 clients d’Enercoop peuvent avoir la certitude que derrière leur facture d’électricité, il y a des femmes et des hommes qui œuvrent concrètement à la transition énergétique, et que l’électricité dont ils ont besoin sera produite en France, par l’un des 260 producteurs sociétaires de la coopérative » s’enorgueillit Amandine Albizzati, PDG d’Enercoop. Ces fournisseurs « vraiment verts » n’étaient que trois en 2017.

Eni, lanterne rouge de l’électricité verte

En bas du classement, Iberdrola, Vattenfall, Engie, Total Direct Énergie, EDF Sowee et Eni se distinguent par leurs timides investissements dans l’électricité verte. Greenpeace indique même que « EDF continue d’investir cinq fois plus dans le nucléaire que dans le développement des énergies renouvelables ».  Fin 2018, 17% du parc européen de la firme étaient fossiles. Dans le même temps, le fournisseur français détenait des parts dans 84 centrales thermiques. Le point commun de ces différents groupes est qu’ils continuent tous d’investir dans les énergies fossiles. Iberdrola continue d’investir dans les vétustes centrales nucléaires espagnoles, Vattenfall en fait de même en Suède, tout comme Engie en Belgique et EDF en France.

De manière générale, Greenpeace a attribué ses cartons rouges aux poids lourds du marché. En fait, l’ONG déplore les choix d’investissements de ces sociétés. Cependant, bien que leurs productions d’électricité restent largement carbonées, des efforts sont consentis. Ainsi, deux tiers de la capacité de production de l’espagnol Iberdrola sont renouvelables, grâce à de nombreux investissements dans le solaire et l’éolien. Chez les autres groupes cités, la capacité de production d’électricité verte oscille entre 20 et 50%. Seul l’italien Eni n’intègre quasiment pas le renouvelable dans sa stratégie. Seulement 1% des moyens de production européens du groupe sont actuellement renouvelables, et aucune évolution n’est à l’ordre du jour.

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