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Des services additionnels offerts au réseau électrique

Posté le par Nicolas Louis dans Innovations sectorielles

Jeune start-up française constituée d'une équipe internationale, Beoga souhaite optimiser les ressources d'électricité non exploitées des consommateurs-producteurs et favoriser l'auto-consommation collective via un logiciel. La société va tester son nouveau système dans une commune du Gard. Entretien avec Amaury Pachurka, CEO et co-fondateur de Beoga.

Créée en octobre 2019, Beoga est une jeune start-up lauréate d’un prix de l’innovation au salon Energaïa en décembre dernier. Incubée au Business & Innovation Centre de Montpellier, l’entreprise développe un écosystème informatique afin de valoriser les ressources d’électricité produites ou stockées des consommateurs-producteurs et favoriser l’achat et la revente d’électricité entre eux. Malgré son jeune âge et un modèle économique qui reste à consolider, elle est sur le point de tester son modèle dans une commune du Gard. Elle affiche aussi dès le début des ambitions internationales car les co-fondateurs et investisseurs de cette société viennent de pays différents. Entretien avec Amaury Pachurka, CEO et co-fondateur de Beoga.

Techniques de l’Ingénieur : Pouvez-vous nous décrire votre système ?

Amaury Pachurka, CEO et co-fondateur de Beoga : Nous développons un nouveau modèle économique, plus éthique et partagé, qui se présente sous deux axes. Le premier : nous permettons l’agrégation de ressources d’électricité distribuées de production ou de stockage, en fixe ou mobile en provenance d’énergies renouvelables mais aussi de stockage stationnaire, de voitures électriques… Concrètement, un particulier producteur d’énergie renouvelable et qui part en vacances pourra mettre à disposition sa batterie au gestionnaire d’approvisionnement. Ce dernier pourra par exemple l’utiliser pour stocker l’énergie verte produite par un autre membre du réseau puis la redistribuer vers un troisième. Notre second axe consiste à développer des échanges d’énergie de pair à pair. Nous souhaitons créer une communauté d’énergie entre des auto-consommateurs. Par exemple : plutôt que deux particuliers achètent chacun de leur côté une batterie pour stocker l’énergie de leurs panneaux photovoltaïques, ils pourront investir en commun dans une seule.

Quels bénéfices pensez-vous apporter au réseau ?

Nous avons réalisé une veille concurrentielle et technologique de 180 sociétés à travers le monde et, à notre connaissance, nous sommes la seule société à proposer l’ensemble de nos services. Nous ne nous positionnons pas en concurrence avec les fournisseurs d’électricité, notre objectif étant de créer de la co-valeur en apportant des services additionnels à l’ensemble du réseau. Nous nous adressons aux fournisseurs, aux agrégateurs, aux gestionnaires d’équilibre et aux distributeurs. Face à la décentralisation qui implique l’intégration de plus en plus de sources de production, nous apportons plus de flexibilité et davantage de stabilité au réseau. Un consommateur-producteur pourra réaliser jusqu’à de 20% d’économies grâce à notre solution.  Les gestionnaires seront également gagnants en tirant partie des ressources de leurs utilisateurs et en les optimisant.

A quelle phase de votre projet en êtes-vous ?

Nous avons développé plusieurs prototypes ; notre projet rentre à présent dans une phase de démonstration grandeur nature. Sur la commune de Le Cailar dans le Gard, nous allons tester différentes combinaisons possibles sur un lotissement d’une dizaine de résidences dès cette année. Notre objectif est de faire des réglages et valider nos hypothèses économiques. Nous sommes agnostiques vis-à-vis de la technologie blockchain, c’est le gestionnaire d’approvisionnement qui assure le rôle de tiers de confiance et notre écosystème la traçabilité. Nous souhaitons commercialiser notre offre dès 2021 et visons une communauté de 25 000 membres en France d’ici 4 ans. Nous travaillons déjà en collaboration avec des acteurs tels qu’Enedis et en partenariat avec des gestionnaires d’approvisionnement comme Planète Oui. Nous sommes aussi en discussion avec des groupes automobiles et des entreprises qui gèrent des bornes de recharges pour véhicules électriques ou encore des laboratoires publics. Notre volonté est de nous développer rapidement à l’international car notre système a un fort potentiel de réplicabilité sur d’autres marchés. Notre équipe, co-fondateurs et investisseurs, vient de 17 nationalités différentes. Notre société n’a que 4 mois mais cela fait plus de 3 ans que nous travaillons sur notre projet.

Crédit photo de Une : Région Occitanie – Laurent Boutonnet

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