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L’explorateur Jean-Louis Étienne annonce la date de départ de Polar Pod

Posté le par Chaymaa Deb dans Innovations sectorielles

Le bateau vertical, spécialement conçu pour l'occasion, sillonnera les eaux de l'océan Austral dès décembre 2023. Lors d'une conférence de presse, le CNRS a détaillé les enjeux scientifiques liés au projet.

Jean-Louis Étienne

L’original géant Polar Pod naviguera dans les eaux de l’océan Austral dès fin 2023. Jean-Louis Étienne, médecin et explorateur à l’origine du projet éponyme, l’a annoncé lors d’une conférence de presse en ligne ce 16 mars. Pendant trois ans, l’embarcation verticale haute de 100 mètres parcourra deux fois le tour du globe dans les cinquantièmes hurlants. La raison d’être de l’expédition est d’améliorer les connaissances scientifiques sur cette zone, qui est le plus grand puits de carbone du monde. Dans ces eaux froides seraient stockées 40 % des émissions de carbone générées par les activités humaines. Ces observations sont notamment rendues possibles grâce à la coordination du projet assurée par le CNRS, en partenariat avec le Cnes et l’Ifremer.

Le départ de ce monstre d’acier signera l’aboutissement de plus d’une dizaine d’années de travaux. En effet, Jean-Louis Étienne a commencé à travailler sur le projet Polar Pod dès 2012. Dix ans plus tard, en janvier 2022, débutera la construction du navire vertical, conformément à l’appel d’offres lancé par l’Ifremer. La construction devrait durer dix-huit mois. Le bateau sera ensuite mis à l’eau en 2023, avant de partir en décembre. Pour Jean-Louis Étienne, Polar Pod sera « comme une station spatiale en orbite autour de l’Antarctique ».

Crédit image : Spie Batignolles

Un « programme très riche »

Au cours de cette conférence de presse, David Antoine, coordinateur du projet pour le CNRS, a détaillé les quatre principaux axes de recherche de la mission. Les scientifiques analyseront en premier les échanges entre l’océan et l’atmosphère. Ces données seront capitales pour le suivi de l’évolution du climat. Des enjeux d’observation satellitaire seront également liés au projet. Enfin, les explorateurs recueilleront des données inédites sur la biodiversité locale, qui demeure peu connue, et l’impact des activités humaines.

Pour mener ces travaux à bien, des chercheurs issus de 43 institutions et universités de 12 pays se rendront dans l’océan Austral. Durant toute l’expédition, des équipes de huit personnes embarqueront tour à tour, chacune durant deux mois, à bord du Polar Pod. Chaque équipage sera composé d’au moins quatre scientifiques. Tous seront occupés par un « programme très riche », du propre aveu de celui qui, en 1986, fut le premier homme à atteindre en solitaire le pôle Nord géographique. Les informations recueillies auront vocation à être partagées. Elles le seront notamment avec la communauté éducative.

Polar Pod, stable et silencieux

Pour plusieurs raisons, cette aventure promet d’être inédite. Premièrement, Polar Pod est une plateforme océanographique conçue pour être très stable. Pour la concevoir, Jean-Louis Etienne s’est inspiré du Floating Instrument Platform (FIP), mis au point par la US Navy dans les années 1960. Sa stabilité, essentielle à la bonne réussite du projet, est liée à ses 80 mètres de tirant d’eau – cette partie est totalement immergée – et ses 150 tonnes de lest. De cette façon, l’embarcation est adaptée aux conditions extrêmes du pôle Sud. Jusqu’à présent, les expéditions dans cette région du monde ne sont possibles qu’à certaines périodes de l’année tant les conditions climatiques sont hostiles, notamment durant l’hiver austral.

L’autre innovation majeure du Polar Pod réside dans son absence de motorisation. L’embarcation sera alimentée par l’énergie fournie par six éoliennes. Ainsi, ce bateau est « zéro émission  ». Le silence lié à l’absence de moteur est également un avantage pour l’observation de la biodiversité locale. Pour cela, Polar Pod sera équipé d’hydrophones dont le but sera d’aller capter les signatures sonores émises par de nombreuses espèces, allant des petits crustacés comme le krill aux mammifères marins.

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Posté le par Chaymaa Deb


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