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Météo-France publie les nouvelles projections climatiques de référence pour la France

Posté le par Matthieu Combe dans Environnement

Météo-France publie ses nouvelles projections climatiques pour la France à l’horizon 2100. Elles serviront de référence aux études d’adaptation au changement climatique. Explications.

Météo-France publie ses nouvelles projections climatiques de référence en France. Élaborées en collaboration avec l’Institut Pierre-Simon Laplace et le Centre européen de recherche et de formation avancée en calcul scientifique, elles sont disponibles sur le site DRIAS. Météo-France publie en plus un rapport scientifique et une brochure à destination du grand public. Les nouvelles données serviront de référence aux études d’adaptation au changement climatique et viendront en support aux politiques publiques.

Au vu des émissions récentes de gaz à effet de serre et de l’inertie du système Terre, la trajectoire d’évolution du climat jusqu’à 2040 est déjà tracée, prévient Météo-France. Mais les quantités de gaz à effet de serre émis durant les prochaines décennies seront capitales pour l’évolution future du climat, entre 2050 et 2100.

Jusqu’à +4,7°C en moyenne annuelle en 2100

En exploitant une trentaine de prévisions climatiques de référence pour la France reposant sur 12 modèles climatiques, Météo-France explore trois scénarios d’émissions de gaz à effet de serre élaborés par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Le scénario optimiste RCP 2.6 prévoit une hausse de la température de 1,3°C en France d’ici 2100 par rapport à la période de référence 1976-2005. Le scénario médian (RCP 4.5) prévoit une hausse des températures de 2,2°C et le scénario pessimiste (RCP 8.5) de 3,9°C.

« Aux températures calculées par le modèle, il faut rajouter 0,8°C dans un second temps, explique Mary Kerdoncuff, directrice adjointe chargée des opérations à la Direction de la climatologie et des services climatiques de Météo-France. Cette température correspond à l’écart de température entre la période 1976-2005 et l’ère préindustrielle ». Ainsi, les températures prévues d’ici 2100 s’élèvent respectivement selon les trois scénarios à 2,1°C, 3°C et 4,7°C par rapport à l’ère préindustrielle.

Davantage de vagues de chaleur et moins de froid

Entre 1976 et 2005, les vagues de chaleur sont restées relativement rares, avec une moyenne de l’ordre de trois jours en France Métropolitaine. Mais quel que soit le scénario d’émission, elles augmenteront, prévient Météo-France. D’ici la fin du siècle, « l’augmentation de la fréquence du nombre de vagues de chaleur en été est fortement dépendant du scénario considéré : +10 à +15 jours en moyenne pour un scénario RCP4.5, environ le double en RCP8.5 », estime le rapport. Les canicules pourront ainsi devenir « monnaie courante » à la fin du siècle, « avec des températures couramment de l’ordre de 50°C ou plus », prévient Mary Kerdoncuff.

En parallèle, les nuits tropicales, c’est-à-dire dont la température excède 20°C, vont se multiplier. Dans le pire des scénarios, les zones les plus exposées du sud de la France pourront connaître jusqu’à 3 mois de nuits tropicales en 2100.En fin de siècle, le nombre de jours de vagues de froid pourrait être divisé par deux dans le scénario optimiste et se réduire à un jour par an pour les deux autres scénarios.

Un peu plus de pluie mais des sécheresses plus inquiétantes

L’évolution de la pluviométrie est beaucoup plus variable selon la géographie, la saison et le scénario retenu. En France métropolitaine, la pluviométrie devrait augmenter entre +2 % et +6 % en moyenne. En hiver, la hausse pourrait atteindre +10 %. Mais l’été, c’est tout l’inverse. Les scientifiques relèvent « une baisse quasi systématique en été, se renforçant au cours des horizons pour atteindre -10 à -20 % en fin de siècle avec les scénarios RCP4.5 et RCP8.5 », prévoit le rapport. Il y a en plus un gradient nord-sud : le sud de la France s’assèche plus.

« Avec des températures de plus en plus chaudes et de plus en plus de canicules l’été, mais aussi de moins en moins de précipitations, on aura de plus en plus de problèmes de sécheresses », avertit Mary Kerdoncuff. Ce risque est d’autant plus amplifié que les émissions de gaz à effet de serre augmentent. En effet, si les épisodes de sécheresses estivales liées au manque de pluie augmentent peu dans le scénario optimiste, elles augmentent respectivement de l’ordre de 5 à 10 jours par an, soit une augmentation de 30 à 50 %, avec les scénarios RCP4.5 et RCP8.5, d’ici la fin du siècle.

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Posté le par Matthieu Combe


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