Un rapport de la Cour des comptes européenne souligne les difficultés des États membres à mettre en place les mesures du plan REPowerEU destiné à accélérer la transition énergétique de l'UE. Si la dépendance aux combustibles fossiles russes a fortement baissé, des retards dans le déploiement des renouvelables sont observés, de même que dans le renforcement des interconnexions électriques.
Lancé en mai 2022, quelques mois après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, le plan REPowerEU devait permettre à l’Union européenne de réduire rapidement sa dépendance aux combustibles fossiles russes tout en accélérant sa transition vers une énergie propre. Quatre ans plus tard, un rapport de la Cour des comptes européenne dresse un bilan critique de sa mise en œuvre. Moins d’un cinquième des 300 milliards d’euros d’investissements nécessaires pour atteindre ses objectifs ont été engagés et certains États membres n’ont même pas traduit ce dispositif dans leurs politiques nationales.
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À l’origine, ce plan semblait pourtant bien engagé. Il était en effet financé en grande partie grâce à la « cagnotte COVID » du plan de relance européen appelé FRR (Facilité pour la reprise et la résilience). Sauf qu’en avril 2026, à peine 55 milliards d’euros ont été engagés. Surtout, la Cour souligne qu’elle n’a trouvé aucun élément permettant de démontrer que des investissements publics ou privés nationaux ont permis de compenser ces dépenses non engagées.
La Cour constate que seuls 15 des 27 États membres font référence aux mesures financées par le REPowerEU dans leurs PNEC (Plans nationaux en matière d’énergie et de climat). Pire encore, les PNEC qui ont fait l’objet d’une révision ne font référence qu’à 35 % à ce plan. Alors que ce dispositif prévoyait d’ajouter 103 GW de capacités renouvelables à l’horizon 2030, cette capacité additionnelle attribuable aux mesures REPowerEU ne devrait progresser que d’environ 20 GW d’ici la fin de l’année. Les investissements financés par la FRR concernent principalement le solaire, tandis que l’éolien est sous-représenté par rapport aux estimations du plan.
Le bilan semble toutefois plus positif sur le front de la dépendance aux combustibles fossiles russes. Entre 2021 et 2024, les importations de pétrole russe dans l’Union sont passées de 112,5 millions à 12 millions de tonnes, selon les données de la Commission reprises par la Cour des comptes. Quant aux importations de gaz naturel russe, elles ont également fortement diminué, passant de 153 milliards de mètres cubes en 2021 à 38 milliards en 2024.
La dépendance russe recule, mais ne disparaît pas
Cette réduction ne signifie cependant pas que la dépendance a disparu. La Cour relève que du pétrole russe continue d’entrer indirectement dans l’UE par l’intermédiaire de pays tiers. Pour le gaz, les progrès sont moins importants et plusieurs États membres continuent d’en importer des volumes significatifs. Un règlement européen prévoit une interdiction graduelle des importations de gaz russe, avec une suppression progressive complète à partir de la fin de 2027.
Les avancées concernant le renforcement des infrastructures électriques transfrontalières sont une autre difficulté mise en lumière dans le rapport de la Cour. Celle-ci n’a identifié que trois mesures REPowerEU portant sur des interconnexions entre deux États membres, dont une a ensuite été retirée. Huit États membres n’avaient prévu aucune mesure de ce type alors qu’ils avaient été invités à développer leurs interconnexions. Cette situation représente une occasion manquée d’accroître l’efficacité du marché unique de l’électricité et son intégration.
L’institution européenne pointe enfin un problème de gouvernance. Les outils utilisés par la Commission ne permettent pas de suivre efficacement la mise en œuvre du plan et d’en mesurer les résultats de manière fiable. Par exemple, les États membres transmettent des données dont la Commission n’est pas légalement tenue de vérifier la fiabilité. L’audit a par ailleurs relevé des incohérences et des déclarations erronées qui nuisent à la comparaison entre les pays.
La Cour des comptes recommande donc de renforcer les outils de suivi, d’obtenir chaque année des informations complètes sur les budgets et les sources de financement, et de définir des indicateurs de performance clairs et quantifiables. Sans cela, il est difficile d’évaluer l’efficacité réelle des mesures financées par le REPowerEU. Elle appelle également à mieux encadrer les futurs financements européens destinés aux infrastructures énergétiques et aux projets transfrontaliers.






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