Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, a réclamé jeudi des règles pour protéger les enfants sur l’ensemble des réseaux sociaux, après l’accord conclu cette semaine par Meta aux Etats-Unis.
En plein procès, Meta a accepté mercredi de payer jusqu’à 17 milliards de dollars et de brider Instagram et Facebook pour les adolescents d’une cinquantaine d’Etats et territoires américains, en concluant un accord avec leurs procureurs généraux, comparé au règlement historique imposé aux cigarettiers en 1998.
Le Texas a annoncé dans la foulée son propre accord: plus d’un milliard de dollars et des restrictions similaires, portant la facture totale à plus de 18 milliards.
« Les enfants ne devraient pas avoir à attendre qu’une action en justice soit intentée pour pouvoir naviguer en toute sécurité en ligne », a relevé Volker Türk, sur X.
Le Haut-Commissaire souligne que les nouvelles dispositions prises par Meta dans ces Etats et territoires américains concernés « vont dans le sens » de ce qu’il réclamait.
Mais « une conception axée sur la sécurité doit être appliquée à l’ensemble du secteur », a-t-il demandé.
« Les gouvernements doivent prendre les devants plutôt que d’attendre que les tribunaux et les entreprises agissent », a-t-il par ailleurs ajouté.
Le 29 mai, Volker Türk avait affirmé qu’assurer la sécurité des enfants en ligne était une priorité urgente. Pour lui, se concentrer uniquement sur les restrictions d’âge ne changera en rien les conceptions et les algorithmes qui ont rendu ces plateformes dangereuses.
Les géants de la technologie doivent intégrer la sécurité « dès la conception, au lieu de faire porter cette responsabilité aux parents et aux enfants », avait-il alors déjà relevé.
Son bureau a publié dix lignes directrices pour la sécurité des enfants en ligne. Elles prévoient notamment de garantir la protection maximale des données des enfants par défaut. Elles indiquent aussi que le « micro-ciblage » des mineurs à des fins commerciales « ne devrait pas être autorisé ».
L’accord de Meta aux Etats-Unis ne solde qu’un volet, le plus lourd, du contentieux tentaculaire dans lequel l’ensemble des réseaux sociaux sont accusés d’avoir provoqué une crise de santé mentale chez les jeunes Américains.
Dans l’UE, Meta est également l’objet d’enquêtes de la Commission européenne pour des raisons similaires.
Le 10 juillet, l’exécutif européen avait sommé le géant américain de la tech de modifier les interfaces de Facebook et Instagram jugées beaucoup trop « addictives », sous peine d’une très lourde amende.
Bruxelles reproche au groupe de Mark Zuckerberg de ne pas avoir évalué correctement et limité les risques que les utilisateurs des deux plateformes développent des addictions, en particulier les mineurs et les adultes vulnérables, en raison de fonctions visant à retenir leur attention le plus longtemps possible.
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