L’Union européenne a définitivement validé mardi le recours au recyclage chimique pour les bouteilles en plastique, en dépit des critiques sur cette technologie gourmande en énergie.
Dans ses nouvelles règles en matière de recyclage, la Commission européenne intègre le plastique recyclé de façon chimique à la part obligatoire de contenu recyclé dans les bouteilles dans l’UE.
Les bouteilles doivent contenir au moins 25% de plastique recyclé actuellement, puis 30% d’ici 2030.
Jusqu’ici, cette loi concernait le recyclage mécanique – quand on lave, broie et refond le plastique pour en faire de nouveaux granulés – et il y avait un flou pour le recyclage chimique.
La Commission européenne a décidé d’intégrer explicitement le recyclage chimique à cette règlementation afin de soutenir les investissements dans ce secteur.
Gourmande en énergie, cette technique encore embryonnaire est plus polluante que le recyclage mécanique. Elle consiste notamment à chauffer les plastiques à plusieurs centaines de degrés pour les décomposer, puis les recycler.
Bruxelles présente le recyclage chimique comme une technique complémentaire qui, après les bouteilles, pourrait être utilisée pour les pots de yaourts et plus largement pour « des plastiques souillés par des résidus alimentaires, contenant des additifs ou composés de matériaux mélangés, qui nuisent à leur recyclabilité ».
« Il s’agit d’une mesure concrète visant à soutenir le secteur (…) et à faire progresser des technologies innovantes », fait valoir la commissaire européenne chargée de l’Environnement Jessika Roswall, alors que l’industrie européenne du plastique est frappée de plein fouet par la concurrence chinoise.
Des organisations environnementales dénoncent pour leur part une technologie polluante poussée par les « lobbies » industriels pour éviter de réduire la production de matières plastiques.
Selon le réseau d’ONG Zero Waste Europe, cela « risque de compromettre l’intégrité de la définition du contenu recyclé » et de créer un « précédent dangereux » pour d’autres textes législatifs européens comme la règlementation sur les emballages.
Bruxelles souligne pour sa part qu’il y avait urgence à soutenir une industrie « confrontée à des pressions croissantes ».
Sur le long terme, la production européenne de plastique décline tandis que les importations en provenance d’Asie sont toujours plus importantes.
Au niveau mondial, elle continue de croître à un rythme soutenu, atteignant 430,9 millions de tonnes de plastique vierge en 2024 (+4% par rapport à 2023), malgré les alertes environnementales. Plus de la moitié provenait d’Asie (57,2%) et plus d’un tiers de la seule Chine (34,5%).
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