Bolloré, le RN, MeToo: le média en ligne Les Jours, qui se distingue par ses enquêtes au long cours mises en scène sous forme de séries, rembobine dix ans d’existence dans un grand livre anniversaire sorti vendredi.
Créé en 2016 par plusieurs anciens de Libération, le site a lancé depuis 350 feuilletons journalistiques en textes et photos ou illustrations, pour certains accompagnés de sons ou playlist musicale. L’un des plus emblématiques, qui chronique avec un ton résolument critique « L’Empire » médiatique et culturel du milliardaire conservateur Vincent Bolloré, existe toujours et compte 251 épisodes.
Sur 200 pages, le livre grand format (Editions Rue de l’échiquier, 25 euros) retrace aussi ses enquêtes sur l’extrême droite, les violences sexistes et sexuelles, la révolution du streaming dans la musique, ou la longue traque du tueur en série surnommé le « Grêlé ». Des épisodes sont republiés à côté de textes inédits et des QR codes permettent de retourner aux séries sur le site internet.
« Ce livre raconte comment, en une décennie, le monde a changé: le RN, il y a 10 ans, c’était deux députés ; Vincent Bolloré, c’était juste un homme d’affaires qui prend le contrôle de Canal+… », souligne auprès de l’AFP Isabelle Roberts, présidente et cofondatrice du site.
L’une des séries, « Les revenants », réalisée par le journaliste David Thomson sur les jihadistes français partis rejoindre l’organisation Etat islamique, a été éditée en livre et récompensée par un prix Albert-Londres en 2017, parmi d’autres séries republiées sur papier.
Le média sur abonnement payant, dont le capital est contrôlé à près de 70% par ses cofondateurs et qui revendique un modèle indépendant de toute publicité, est « à l’équilibre depuis 2020 » et « légèrement bénéficiaire », explique Isabelle Roberts. Avec environ 10.000 abonnés, il compte 12 salariés et fait travailler en moyenne une quarantaine de journalistes et photojournalistes indépendants.
« Il y a dix ans, on a apporté des choses qui n’existaient pas dans le journalisme numérique, comme la place de l’image, du récit. Aujourd’hui, l’environnement est très concurrentiel, il y a beaucoup de médias indépendants qui se sont créés », souligne-t-elle.
« En réalité, puisqu’on ne vit que par et pour les abonnés, il nous en faut plus », conclut-elle, en promettant de l' »investigation politique » autour de la campagne pour l’élection présidentielle de 2027.
arb/pr/mch/mpm
« Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2026 Agence France-Presse. »






Réagissez à cet article
Connectez-vous
Vous avez déjà un compte ? Connectez-vous et retrouvez plus tard tous vos commentaires dans votre espace personnel.
Vous n'avez pas encore de compte ?
Inscrivez-vous !