La défense de Booba a contesté mercredi devant le tribunal judiciaire de Paris la saisie sur ses droits d’auteur de près de 40 millions d’euros, obtenue, à titre conservatoire, par l’agente d’influenceurs Magali Berdah.
Magali Berdah, qui travaille désormais comme animatrice à Sud Radio, impute à Booba un lourd préjudice causé à Shauna Events, société spécialisée dans les influenceurs, qu’elle a fondée en 2016. Elle accuse le rappeur d’avoir cyberharcelé et menacé les marques qui travaillaient avec elle, afin qu’elles rompent leur collaboration.
Sur requête de Mme Berdah, le tribunal judiciaire de Paris a évalué « provisoirement » sa créance et celle des sociétés Shauna Events, Sublime Talent et MB Conseil à 40.588.572 euros, selon une source proche du dossier à l’AFP.
La défense de Booba, de son vrai nom Elie Yaffa, a demandé mercredi « la rétraction de l’ordonnance » et 280.000 euros de dommages et intérêts pour le préjudice causé par ces « saisies infondées ».
Booba, monument du rap depuis les années 1990, s’est lancé en 2022 dans une croisade contre les influenceurs, qu’il a renommés les « influvoleurs », et leurs pratiques commerciales qu’il présente comme trompeuses. Dans son viseur, notamment: Magali Berdah.
Mme Berdah a fait preuve « d’une prodigieuse déloyauté dans la présentation des faits » à la justice, a taclé mercredi Me Édouard Mille, l’un des trois avocats du rappeur. « Ce que Mme Berdah a oublié de vous dire, c’est qu’elle avait des difficultés avec ses fournisseurs », dont de nombreux « influenceurs non payés ».
Me Mille fait également écouter au juge d’exécution un enregistrement de Magali Berdah, où on l’entend dire, à la télévision en septembre 2022, que son chiffre d’affaires a été « divisé par trois ». « On a un tel taux de refus de site, qui est énorme, il faut réglementer », dit-elle.
« Ce que Mme Berdah dit, c’est : +moi, par rapport à la concurrence, j’ai pris la décision de filtrer les annonceurs+ », traduit Me Mille. « La perte du chiffre d’affaires annoncé n’a rien à faire de quelques tweets de M. Yaffa, mais avec des décisions de Mme Berdah », estime l’avocat.
Avant même les publications de Booba, « on a des dizaines d’articles qui expliquent que ces influenceurs, c’est de l’arnaque », ajoute Gilles Vercken, qui défend aussi Booba.
« On a un début de mouvement sur la question de l’éthique des influenceurs, c’est vrai », répond Étienne Feildel, avocat de Magali Berdah. Mais en 2022, au moment où chute, selon Mme Berdah, le chiffre d’affaires de ses sociétés, le marché de l’influence restait « en pleine expansion ».
Le juge d’exécution rendra sa décision le 9 juillet.
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