Une trentaine députés du Parlement européen ont appelé jeudi les 27 pays de l’UE à construire au plus vite une Europe de la défense, face à la menace russe et sur fond de désengagement américain sur le Vieux-continent.
« Au lieu d’attendre que la guerre nous unisse, nous devons nous unir pour empêcher la guerre », écrivent ces eurodéputés, dans une adresse commune aux Etats membres. Et, « compter sur les Etats-Unis pour notre protection est un pari dangereux », ajoutent-ils dans ce texte.
Les pays de l’UE cherchent, particulièrement depuis l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022, à renforcer leurs capacités de défense. Mais, jugent ces eurodéputés, ces efforts se heurtent encore trop souvent aux égoïsmes nationaux.
« Trop de dirigeants restent encore retranchés derrière leurs lignes nationales », a ainsi dénoncé l’eurodéputé allemand Lukas Sieper (Renew, centre-droit), lors d’une conférence de presse.
Les gouvernements nationaux restent très jaloux de leurs prérogatives en matière de défense, et les encouragements de la Commission européenne à des regroupements pour investir en commun se heurtent souvent aux réticences des armées et des industries nationales.
Pourtant, écrivent ces eurodéputés, « acheter des équipements ensemble pourrait permettre d’économiser jusqu’à 100 milliards d’euros par an ».
Piqués au vif en janvier par des remarques du secrétaire général de l’Otan Mark Rutte, ces eurodéputés ont décidé de réagir et de constituer un groupe autonome au sein de leur assemblée, pour favoriser une « Union européenne de la défense ».
« Si quelqu’un pense encore ici que l’Union européenne, ou l’Europe dans son ensemble, peut se défendre sans les Etats-Unis, continuez de rêver. Vous ne le pouvez pas. Nous ne le pouvons pas, nous avons besoin les uns des autres », avait affirmé M. Rutte en janvier.
« Nous avons pris cette initiative pour lui prouver le contraire », a expliqué jeudi l’eurodéputé néerlandais Reinier van Lanschot (Verts).
Le groupe est pour le moment constitué d’une petite trentaine d’élus de onze nationalités, issus de quatre groupes politiques, des conservateurs aux écologistes, mais sans aucun représentant de l’extrême droite ou de la gauche radicale. Il ambitionne d’en accueillir d’autres parmi les 720 que compte le Parlement.
« Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2026 Agence France-Presse. »






Réagissez à cet article
Connectez-vous
Vous avez déjà un compte ? Connectez-vous et retrouvez plus tard tous vos commentaires dans votre espace personnel.
Vous n'avez pas encore de compte ?
Inscrivez-vous !