Plus fiable que les empreintes digitales, plus sûr que la reconnaissance faciale, moins fastidieux que les mots de passe: à Sophia Antipolis et ailleurs, des chercheurs travaillent désormais sur des techniques d’identification grâce aux battements de coeur.
Sur son écran d’ordinateur, Benjamin Vignau, 30 ans, docteur en informatique et fondateur de la start-up Coeur-net, zoome sur des ondes caractéristiques de battements cardiaques pour révéler la présence de micro-motifs, comme des tout petits pics qui se répètent sur chaque pente ascendante ou descendante.
Ces micro-variations « vont être influencées à la fois par la géométrie de votre coeur, mais aussi par votre tension artérielle, la composition du sang, la rigidité des artères… », explique-t-il. En cas d’activité physique ou de stress, le rythme cardiaque évolue, mais les motifs propres à chacun restent les mêmes, « ils vont juste être compressés ou dilatés ».
Le principe de la biométrie cardiaque est donc d’entraîner une IA à reconnaître ces micro-variations pour créer la signature cardiaque d’une personne.
Fondée en 2022 et installée dans une pépinière d’entreprises à Sophia Antipolis, Coeur-net est en contact avec une grande banque, des sociétés de maintenance ou de nettoyage ou même l’armée, tous intéressés par cette perspective nouvelle pour identifier les clients, les agents envoyés travailler seuls ou les personnes autorisées à accéder à des zones réservées.
Pour l’instant, la start-up doit encore lever des fonds pour pouvoir valider sa technologie en l’expérimentant sur plusieurs milliers de personnes pendant plusieurs mois. Elle travaille actuellement avec un prototype un peu grossier de montre connectée. Mais à terme, les capteurs pourraient être intégrés à un bracelet, une oreillette, un vêtement connecté, une chaussure, une bague…
D’autres entreprises sont engagées dans les mêmes recherches, aux Etats-Unis, au Canada ou encore au Portugal, où des chercheurs de l’université de Lisbonne ont fondé Cardio-ID en 2014.
Par rapport à d’autres techniques de reconnaissance actuellement utilisées, l’empreinte cardiaque est beaucoup plus difficile à copier qu’une empreinte digitale ou un visage. Elle permet aussi de vérifier en temps réel que c’est bien toujours la même personne qui est devant l’ordinateur.
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