Des pluies torrentielles ont provoqué des inondations lundi dans la capitale ghanéenne Accra, faisant au moins trois morts, selon les autorités et des médias locaux, mobilisant des équipes de secours contraintes de circuler en bateau à travers la ville.
Les inondations sont fréquentes pendant la saison des pluies au Ghana, mais les habitants estiment que les débordements dans la capitale se sont aggravés ces dernières années, en raison d’une urbanisation rapide combinée à un manque d’investissements dans les infrastructures de drainage.
Quelque 140 millimètres de pluie sont tombés sur la ville en une seule journée, « le niveau le plus élevé enregistré depuis plusieurs années », a écrit sur X le président John Mahama, qui estime que « cet aspect du problème échappe » au « contrôle » de l’Etat « car il est lié à l’évolution des conditions climatiques ».
« Chaque fois que le gouvernement commence à démolir des constructions érigées dans les cours d’eau, on nous accuse d’être inhumains », a-t-il ajouté. « Pourtant, lorsque des catastrophes comme les inondations d’aujourd’hui se produisent, les conséquences touchent tout le monde. »
Dans le quartier de Tse Addo, dans l’est de la ville, les secours et des volontaires locaux ont utilisé des embarcations pour évacuer au moins 15 enfants et un nourrisson après les pluies, qui ont commencé à s’abattre sur la capitale vers 03H00 du matin et ont rapidement inondé la zone, selon des responsables locaux.
Les autorités ont indiqué que le corps d’un homme d’une soixantaine d’années a été retrouvé dans le quartier d’Alajo, où les eaux ont également endommagé des véhicules et des habitations.
Des journalistes locaux du quartier ont également fait état de la mort de deux autres personnes, électrocutées après avoir été en contact avec des câbles électriques lors de la montée des eaux.
Le ministère de l’Intérieur ghanéen a appelé les habitants à éviter les déplacements non essentiels, tandis que la police, l’armée et les services de secours ont été déployés dans le cadre des opérations de secours.
La zone métropolitaine d’Accra, qui compte plus de 5 millions d’habitants, est régulièrement touchée par des inondations perturbant les transports, endommageant habitations et commerces, et causant des pertes humaines lors d’épisodes de fortes pluies.
« Malheureusement, ma maison est inondée », a confié à l’AFP le journaliste retraité Philip Mensah, 67 ans, ajoutant que sa « collection de disques vinyles des années 1970 est désormais sous l’eau ».
Patience Naa Adjeley Adjei, une résidente, a pour sa part indiqué avoir passé des heures à tenter d’empêcher l’eau d’entrer dans sa chambre.
« J’ai épongé ma chambre plus de huit fois », a déclaré à l’AFP cette enseignante. « Je ne peux même pas sortir, ma chambre est inondée et dehors aussi », a-t-elle ajouté.
L’Agence météorologique ghanéenne, a averti que les précipitations devraient persister dans le sud-est du pays avant de gagner l’ouest, plus tard dans la journée de lundi, augmentant ainsi le risque de nouvelles inondations.
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