Le choc énergétique observé après le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient sera « persistant » quelle que soit « l’évolution géopolitique à court terme », a estimé le nouveau gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin, dans un message posté vendredi sur le réseau social Linkedin.
L’institution monétaire, dont il vient de prendre la tête, doit annoncer ses prévisions actualisées pour la croissance française mardi, attendues en baisse par rapport à la prévision initiale de 0,9% en 2026, a détaillé l’ancien secrétaire général de l’Elysée.
En mai, le Fonds monétaire international (FMI) avait, lui, ramené sa prévision de croissance de la France en 2026 de 0,9% à 0,7%. Le gouvernement français avait abaissé légèrement mi-avril la sienne à 0,9%, contre 1% auparavant.
« La hausse des prix du pétrole et du gaz a commencé à se transmettre aux autres prix du panier de consommation, notamment aux prix de certains services, même si nous ne voyons pas encore d’effets de second tour via les salaires », a écrit Emmanuel Moulin.
Les prix à la consommation en France ont augmenté de 2,4% sur un an en mai, après 2,2% en avril, une hausse liée à l’accélération des prix de l’énergie, a indiqué l’Insee vendredi.
« Nous prenons au sérieux les pressions inflationnistes et sommes déterminés à ramener la hausse des prix à notre cible de 2% à moyen terme », a ajouté le gouverneur de la banque centrale française.
Jeudi, la Banque centrale européenne (BCE) avait décidé de relever de 0,25 points de base ses taux d’intérêt directeurs, une décision prise à l’unanimité des membres du directoire.
La flambée des prix de l’énergie, liée à la guerre opposant les Etats-Unis et Israël à l’Iran et à la fermeture du détroit d’Ormuz, en est la principale cause.
Ce relèvement était attendu mais certains économistes le jugent risqué dans un contexte de croissance ralentie et d’absence, à ce stade, de diffusion généralisée des hausses de prix.
« Cette décision sur les taux d’intérêt s’impose pour s’assurer que les effets de second tour restent contenus », a défendu Emmanuel Moulin.
Les « effets de second tour » désignent la diffusion de la flambée des prix de l’énergie à d’autres secteurs de l’économie, et un risque d’une spirale d’augmentation des prix et des salaires qui peut entrainer un emballement de l’inflation.
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