L’Union européenne a commencé à exercer ses nouveaux pouvoirs de régulation du secteur de l’intelligence artificielle, en réclamant des informations à des dizaines d’entreprises, alors que plusieurs incidents ont démontré cet été les risques posés par le secteur.
La Commission européenne est dotée depuis début août seulement de larges pouvoirs d’investigation en vertu de la loi européenne sur l’Intelligence artificielle (AI Act), un texte pionner adopté il y a deux ans pour tenter de réguler ce secteur qui connait un développement fulgurant.
Elle en a fait usage sans traîner : des « demandes d’information », procédure préalable au lancement éventuel d’enquêtes formelles sur le respect de la législation européenne, ont été envoyées à plus de trente entreprises du secteur, a précisé mardi l’exécutif de l’UE.
« Notre but est de garantir qu’en Europe l’IA soit conçue, lancée et utilisée de manière sûre et transparente », a expliqué la vice-présidente de la Commission chargée du Numérique, Henna Virkkunen, dans un message publié ce week-end sur le réseau social LinkedIn.
« Et nous sommes prêts à franchir toutes les étapes nécessaires pour nous assurer que les entreprises respectent leurs obligations au titre de la loi sur l’IA », a-t-elle ajouté.
Bruxelles n’a pas détaillé la liste des destinataires ni dans quels pays ils étaient établis, se contenant d’indiquer que les demandes portaient sur deux sujets principaux.
Il s’agit de la sûreté et la sécurité des modèles d’IA, et de questions touchant au droit d’auteur, a expliqué à la presse Thomas Regnier, porte-parole de la Commission en matière de numérique.
Cette mise en oeuvre des tous nouveaux pouvoirs de l’UE en matière d’IA intervient après une série d’incidents récents, qui ont jeté une lumière crue sur les risques posés par les modèles les plus avancés.
Mi-juillet, un agent autonome reposant sur deux modèles d’OpenAI était sorti, de sa propre initiative, de son milieu de test confiné pour s’aventurer sur Internet et attaquer Hugging Face, plateforme où les développeurs du monde entier partagent leurs modèles d’IA.
Et Anthropic a révélé fin juillet que trois de ses modèles en test avaient aussi effectué des intrusions non autorisées dans les systèmes informatiques de trois organisations.
Interrogé sur ces incidents, M. Regnier a souligné que la Commission est « en contact étroit » avec OpenAI et Anthropic, et prenait ces affaires « très au sérieux », sans donner plus de détails sur ces discussions.
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