La Cour suprême de l’Inde a ordonné la mise en place de mesures pour protéger les éléphants sauvages menacés par le recul de leur habitat naturel et la recrudescence des conflits avec les humains, une décision saluée vendredi par les défenseurs de l’environnement.
Le pays le plus peuplé de la planète abrite la plus importante population d’éléphants d’Asie à l’état sauvage, une espèce classée en danger par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).
Ces pachydermes sont de plus en plus menacés par la réduction de leur habitat naturel, en raison notamment de la déforestation, de la construction de routes et de voies ferrées et de l’expansion des activités minières.
La Cour suprême a enjoint aux Etats d’empêcher toute entrave aux corridors à éléphants – empruntés par les troupeaux pour circuler entre des habitats de plus en plus fragmentés – et a ordonné un inventaire des obstacles qui s’y trouvent.
Rendu lundi, l’arrêt précise qu’il devra comprendre des mesures visant à mettre fin au recours à des « méthodes coercitives destinées à détourner les éléphants de leurs itinéraires naturels ».
Il interdit également les « hulla parties », des brigades chargées de repousser les pachydermes à l’aide de boules de feu et de lances enflammées.
Prerna Singh Bindra, spécialiste de la conservation de la faune sauvage à l’origine de ce recours d’intérêt général bénévole, a déclaré à l’AFP que sa requête visait les gouvernements des Etats accusés de « soutenir des pratiques d’une cruauté effroyable ».
« Cela se transforme en mouvement de foule, avec des milliers de personnes qui pourchassent les éléphants », a dénoncé la militante.
Elle affirme que cela ne résout en rien le conflit entre les éléphants et les humains car « la science montre au contraire que cela ne fait que l’aggraver ».
Selon les dernières statistiques du Fonds mondial pour la faune (WWF), moins de 50.000 éléphants d’Asie subsistent à l’état sauvage dans le monde, dont 60% en Inde.
Mme Bindra espère que l’enquête ordonnée par la Cour suprême « se traduira par des mesures concrètes » car « la volonté de les protéger et de les préserver fait cruellement défaut ».
L’Inde comptait environ 22.446 éléphants sauvages, selon le recensement gouvernemental publié en octobre 2025, qui soulignait que les troupeaux ne subsistent plus que sur « une infime fraction » de leur aire de répartition historique. Ils n’occupent plus que 3,5% des territoires qu’ils parcouraient autrefois.
Dans un autre arrêt rendu mardi, la Cour suprême a ordonné un renforcement des mesures de protection des quelque 2.600 éléphants en captivité du pays, exigeant notamment la tenue d’un dossier médical pour chaque animal et des bilans de santé réguliers.
Autrefois employés dans l’exploitation forestière, ces éléphants sont désormais utilisés dans le tourisme, le divertissement et certaines cérémonies religieuses.
L’organisation de défense des animaux PETA India s’est félicitée des mesures visant à alléger leurs souffrances, tout en réitérant qu' »aucun éléphant n’a sa place en captivité ».
« Qu’ils aient été capturés dans la nature ou élevés pour passer toute leur vie en captivité, ces animaux intelligents et sociaux sont privés de leur habitat forestier, séparés de leur mère, privés d’autonomie, réduits à l’esclavage et soumis par l’intimidation et les armes » a déclaré à l’AFP la directrice de PETA India, Poorva Joshipura.
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