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La France reste championne européenne des investissements étrangers mais perd du terrain

Posté le par AFP

La France est restée championne européenne de l’attractivité des investissements étrangers en 2025, pour la septième année consécutive, mais sa position est fragilisée par la concurrence accrue d’autres pays et le manque de visibilité politique, selon le cabinet de conseil EY.

Le baromètre de l’attractivité de la France est publié mercredi à une dizaine de jours du sommet Choose France, grand-messe organisée le 1er juin par l’Elysée au château de Versailles pour annoncer en grande pompe de nouveaux investissements étrangers.

En 2025, la France a attiré 852 projets sur 5.026 recensés dans 47 pays européens, dans un contexte international chahuté qui a pesé sur les investissements. Elle devance le Royaume-Uni (730) et l’Allemagne (548).

Le recul du nombre de projets en France est toutefois plus marqué: -17% par rapport à 2024, contre respectivement -14% et -10% chez ses principaux concurrents, et -7% à travers l’Europe.

L’Elysée s’est félicité de ce maintien en haut du podium, y voyant le fruit de la politique de l’offre et des réformes fiscales et du marché du travail engagées par le président Emmanuel Macron.

« Etre premier, c’est difficile, le rester est encore plus complexe », a commenté l’Elysée. « On a beaucoup travaillé au niveau européen pour renforcer la compétitivité et la souveraineté européenne, et le chef de l’État continuera à mettre l’accent sur cette politique. »

– Année « très compliquée » –

Le baromètre se focalise sur le nombre de décisions d’investissements annoncées et pas sur les montants investis ni les projets effectivement réalisés.

« L’année 2025 est très compliquée pour l’investissement international, avec des chocs de toute nature (…) et un certain nombre de crises structurelles, dans l’automobile notamment », explique Marc Lhermitte, associé chez EY, à l’AFP.

La France a attiré plus de projets liés à l’intelligence artificielle qu’ailleurs en Europe (+26% à 53), tandis que le Royaume-Uni a continué de séduire davantage la finance, la tech et les sièges sociaux. Nouveau cheval de bataille européen, la défense a également le vent en poupe.

En revanche, l’industrie a souffert, notablement l’automobile, la chimie et la métallurgie. Le nombre de sites implantés ou agrandis a reculé de 15% à 354.

Le baromètre note « un retrait marqué des entreprises américaines et allemandes, qui ont diminué de moitié leurs investissements en France depuis 2022 ».

Selon Marc Lhermitte, les entreprises américaines ont été encouragées à rester dans leur pays par les politiques industrielles nationales et les droits de douane.

Soumis à une plus forte incertitude politique depuis les législatives anticipées de l’été 2024, la France subit aussi une concurrence plus intense de pays d’Europe méridionale et centrale (Espagne, Portugal, Pologne, Roumanie, Turquie) aux coûts plus « compétitifs » et à la réglementation plus « agile », selon l’expert.

– Deuxième pour l’emploi –

Les 200 investisseurs interrogés par EY du 13 février au 13 mars, à cheval sur le début de la guerre au Moyen-Orient, apprécient la taille du marché français, sa capacité d’innovation, son énergie décarbonée, ses infrastructures et sa main-d’oeuvre.

Cependant, des handicaps sont mentionnés: les conditions économiques, la stabilité politique, la compétitivité fiscale, le coût de la main d’oeuvre et celui de l’énergie.

« L’attractivité n’est pas un héritage, une rente de situation dont on pourrait profiter des années durant. Elle doit être construite en permanence », prévient EY.

En termes d’emploi créés par les projets, la France s’est hissée en 2025 de la troisième à la deuxième place (27.921), talonnant le Royaume-Uni (28.867).

La baisse de 4% en un an y est plus limitée qu’au Royaume-Uni (-24%) et qu’en Europe (-25% à 202.186). La moitié des emplois ont été générés par seulement 5% des projets, notamment dans la logistique tirée par le e-commerce.

Dans l’industrie, les emplois nouveaux ont reculé de 10% à 11.109 (contre -21% en Europe). Mais en tenant compte des destructions d’emplois, seuls 1.376 emplois nets y ont été créés, un plongeon de 66%.

Par ailleurs, la France se singularise par le niveau élevé des investissements étrangers (62%) – même 87% dans l’industrie – consistant en des extensions de sites plutôt que de nouvelles implantations.

En 2026, 57% des investisseurs pensent investir en France (-5 points). 78% n’envisagent un retour à une situation politique et économique normale que dans deux ou trois ans.

« Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2026 Agence France-Presse. »


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