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Après le Scaf, Dassault retente sa chance avec un partenaire allemand pour son avion spatial

Posté le par Aliye Karasu dans Innovations sectorielles

Pour la réalisation de son avion spatial, le groupe Dassault Aviation a décidé de s’unir avec l’entreprise allemande OHB, spécialisée dans la conception et l’intégration de systèmes spatiaux. Une alliance stratégique pour doter l’Europe d’une capacité autonome de transport orbital et qui répond à la montée des enjeux liés à la militarisation de l’espace.

Une collaboration franco-allemande vient de se concrétiser et pourrait constituer une étape décisive pour l’industrie spatiale européenne. Le communiqué publié par Dassault Aviation, le 11 mai dernier, annonce l’association de l’avionneur avec OHB, le fournisseur allemand de systèmes spatiaux. L’objectif est de proposer à l’Agence spatiale européenne (Esa) un avion spatial réutilisable pour l’orbite basse, baptisé le VORTEX-S[1]. Celui-ci devra être capable d’effectuer des allers-retours vers les stations spatiales, mais aussi des missions orbitales autonomes (vols libres) notamment pour la conduite de missions scientifiques. Le VORTEX-S s’intègre dans le programme VORTEX qui comprend quatre étapes conçues pour un déploiement progressif : après le démonstrateur VORTEX‑D à l’échelle 1/3 suivra le VORTEX‑S « Smart Free Flyer » à l’échelle 2/3 puis une version cargo VORTEX‑C, et enfin un véhicule habité VORTEX‑M. Le premier vol de VORTEX‑D est prévu en 2028.

Dassault, le maître d’œuvre

Cette collaboration peut surprendre, compte tenu des désaccords entourant la mise en œuvre de Scaf, le programme du futur avion de combat européen. D’une certaine façon, elle est aussi une réponse indirecte aux détracteurs qui accusent le constructeur de Rafale et de Falcon d’être le responsable de cette impasse. Éric Trappier, PDG de Dassault, a défendu sa position devant ses actionnaires au cours de l’assemblée générale du 13 mai dernier : « Il n’y a pas d’ostracisme vis-à-vis des Allemands de la part de Dassault. Ce qu’on n’a pas réussi à faire sur le Scaf, j’espère qu’on arrivera à le faire sur le Vortex ».

Pour la réussite du projet, Éric Trappier a veillé à circonscrire les rôles de chacun des acteurs afin d’éviter de reproduire les erreurs rencontrées dans le programme Scaf. Ainsi, Dassault est l’intégrateur global de l’avion spatial et OHB l’intégrateur du module de service. Les responsabilités sont réparties en fonction des domaines de compétences, OHB apportant au constructeur aéronautique son expertise du milieu exo‑atmosphérique. Ensemble, ils formeront l’équipe centrale du projet.

Preuve supplémentaire qu’il ne rechigne pas à la coopération, Dassault a sélectionné, en avril dernier, une entreprise espagnole nommée Arkadia Space pour concevoir le système de propulsion de VORTEX-D.

Sous le pilotage unique de Dassault Aviation, le projet VORTEX qui fédère déjà trois pays européens est appelé à s’élargir ; des discussions sont en cours avec d’autres grandes entreprises spatiales européennes.

L’Europe se positionne dans la compétition mondiale

Présenté en 2025 au salon du Bourget, l’avion spatial Vortex a obtenu une enveloppe de 30 millions d’euros via une convention signée avec la Direction générale de l’armement (DGA) et le Centre national d’études spatiales (CNES). L’investissement traduit une prise de conscience récente : l’Europe doit impérativement rattraper son retard et réduire sa dépendance vis-à-vis de la capsule Dragon conçue par SpaceX. « Avec le Vortex-S proposé à l’Esa, nous ambitionnons de renforcer les capacités spatiales de l’Europe » a déclaré Éric Trappier.

Afin de réduire les coûts d’accès à l’espace, le Vortex-S sera réutilisable, contrairement aux lanceurs traditionnels à usage unique. Cette capacité de vols répétés s’inspire du modèle des fusées Falcon 9.

Le projet VORTEX est aussi, de manière sous-jacente, une stratégie visant à contrôler l’accès à l’espace dans un contexte de militarisation. Sur le modèle des avions spatiaux américains X-37B et chinois CSSHQ, l’avion spatial de Dassault doit offrir, au‑delà de l’atmosphère, des moyens de détection et de communication.

Les industriels européens semblent avoir compris que, pour peser face aux géants chinois et américains, ils allaient devoir unir leur force au sein d’une coopération.


[1] Véhicule Orbital Réutilisable de Transport et d’EXploration


https://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/thematique/innovations-sectorielles/

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