La sécheresse « historique » à laquelle est confrontée la France se traduira par des coûts supérieurs aux 5,6 milliards d’euros estimés pour celle de 2022, a déclaré lundi la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut.
« Cette situation a un impact économique réel. Pour la sécheresse de 2022, ce coût avait été évalué à 5,6 milliards d’euros, dont 3,5 milliards pour les seules fissures des maisons individuelles liées au retrait-gonflement d’argile, 1,1 milliard de pertes de production agricole et une production hydroélectrique en recul de 20% », a-t-elle rappelé.
« Cette année, ces chiffres seront supérieurs à ce qu’ils étaient en 2022 », a-t-elle ajouté, en ouverture d’un Comité d’anticipation et de suivi hydrologique au ministère. Ce à quoi il faudra ajouter les coûts liés aux feux de forêts en cours.
« Aujourd’hui plusieurs indicateurs montrent des niveaux comparables à ceux de la sécheresse historique de 1976 ou à celle de 2022 » et la nouvelle vague de chaleur annoncée cette semaine « va encore accentuer cette sécheresse déjà historique », a dit la ministre.
La France compte actuellement 99 départements concernés par une mise sous surveillance pouvant faire l’objet de restrictions à l’usage de l’eau, dont 62 considérés comme en « crise ».
« Respecter les mesures de restriction n’est pas un choix, c’est un devoir. Si j’ai conscience des difficultés auxquels les agriculteurs font face, il n’est pas acceptable que les règles soient enfreintes », a insisté la ministre.
La semaine dernière, la Coordination rurale (CR), deuxième syndicat agricole, avait appelé les exploitants à ne pas respecter les interdictions et restrictions d’irrigation prises face à la sécheresse.
« L’alimentation en eau potable est sous tension dans plusieurs territoires, plus précisément sur 47 départements français », a ajouté Mme Barbut, précisant que des « coupures d’eau au robinet » touchaient d’ores et déjà « plus de 30.000 personnes sur 80 communes ».
Ces communes sont par conséquent approvisionnées en eau potable « par des camions-citerne ou grâce à des bouteilles d’eau », a précisé la ministre.
Du fait de la sécheresse, « il y a quelques situations dans le Doubs, le Jura, et le centre du Massif central (Allier, Puy-de-Dôme, Limousin) où il n’y a pas d’eau à mettre dans les tuyaux », a déclaré à l’AFP Régis Taisne, chef du département cycle de l’eau à la FNCCR, une fédération de collectivités représentant, pour la gestion de l’eau, plus de 51 millions d’habitants en France.
Le phénomène touche pour l’instant essentiellement « des secteurs plus ruraux et plus isolés », a-t-il précisé.
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