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Le leasing automobile, un marché en train de caler pour les banques françaises?

Posté le par AFP

Louer des voitures neuves aux entreprises et aux particuliers puis les revendre d’occasion, c’est sur ce principe simple que les établissements bancaires ont assis pendant des années la rentabilité de leur activité de crédit-bail automobile, ou leasing en anglais.

Mais ce modèle est désormais attaqué par un marché de l’occasion en berne pour les véhicules électriques, trop vite dépassés technologiquement.

Cette situation se voit trimestre après trimestre dans les résultats des filiales spécialisées des établissements bancaires, comme en témoignent jeudi ceux d’Ayvens, détenu à majorité par la Société Générale.

Des champions français

Ayvens reste cependant le leader en Europe sur ce marché, avec plus de 3 millions de véhicules. La société, cotée en Bourse, a changé de dimension en 2023 grâce à l’acquisition du néerlandais LeasePlan.

Le challenger Arval, filiale du géant bancaire français BNP Paribas, entend faire son retard. Il a annoncé fin 2025 l’entrée en négociations exclusives avec le constructeur Mercedes-Benz en vue de l’acquisition de sa filiale de location longue durée de véhicules, Athlon.

La Commission européenne a donné lundi son feu vert à l’opération. Le nouvel ensemble resterait, en nombre de véhicules, au second rang.

Le Crédit Agricole a quant à lui appuyé sur l’accélérateur en 2023 en rassemblant ses activités de crédit-bail automobile sous une même marque, Leasys, à la faveur d’un partenariat entre sa filiale de crédit à la consommation et le constructeur automobile Stellantis (Fiat, Peugeot, Citroën…).

Une rentabilité historique…

Très ancien, le financement des voitures à crédit a longtemps été la chasse gardée des constructeurs qui proposaient en concessions les crédits de leurs propres filiales bancaires.

Les établissements bancaires ont depuis quelques années réussi à prendre une part du gâteau « à travers une innovation qui était le leasing, c’est-à-dire la prise en charge en location des flottes de véhicules d’entreprise », explique à l’AFP Bertrand de la Villéon, associé au sein du cabinet Eurogroup.

En pratique, la banque achète les véhicules et les loue pour une durée fixée à l’avance, généralement de trois ou quatre ans, avant de les récupérer : c’est de la location longue durée (LLD), choisie par de nombreuses entreprises pour leurs flottes automobiles.

La banque propose (et se rémunère) en parallèle avec des services associés : maintenance, entretien, télépéage, assurance…

En passant d’une logique de propriété à une logique d’usage, les entreprises gagnent en prévisibilité sur leurs coûts liés à l’automobile et font bénéficier à leurs salariés de voitures récentes, changées à intervalles réguliers.

Une variante est la location avec option d’achat (LOA), qui a les faveurs des particuliers. Ces derniers peuvent s’ils le souhaitent, à l’issue du contrat, exercer leur « option d’achat » et donc racheter le véhicule à un prix déterminé à l’avance.

L’Etat a également mis en place un « leasing social » afin de permettre à des ménages modestes de disposer d’une voiture électrique neuve moyennant un loyer modéré. Le ministre de l’Economie Roland Lescure a salué jeudi le succès de ce dispositif.

… mise à mal par l’électrique

Une fois le contrat terminé, la banque récupère généralement le véhicule. Charge ensuite à elle de le revendre sur le marché de l’occasion, par divers canaux.

C’est là que le bât blesse depuis plusieurs trimestres.

Le développement des voitures électriques, poussé entre autres par la législation et diverses incitations publiques, a bouleversé l’équilibre financier puisqu’il comprime la valeur des voitures à la revente, dite résiduelle.

Les technologies embarquées dans ces véhicules comme les performances des batteries ont tendance à progresser rapidement, ce qui rend les voitures mêmes récentes, sorties d’usine trois ou quatre ans auparavant, vite dépassées.

« Pour vendre une voiture obsolète, vous baissez le prix », observe M. de la Villéon.

L’offensive commerciale des constructeurs chinois, comme BYD ou MG Motor, accentue encore un peu cette pression à la baisse.

Les résultats du deuxième trimestre publiés jeudi par Ayvens sont une illustration parfaite du phénomène : les marges de location et services sont excédentaires, mais l’entreprise vend à perte ses véhicules d’occasion.

Elle est également contrainte de dévaluer une partie de sa flotte de véhicules électriques. A l’échelle de l’entreprise, le bénéfice net a baissé de 8,7% sur un an entre avril et juin.

bp/etr/ak/adr

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