Le Fonds monétaire international (FMI) a alerté jeudi sur les risques que pourraient faire peser les cyberattaques utilisant les derniers outils d’intelligence artificielle (IA) sur la stabilité du système financier mondial, appelant à renforcer la coopération internationale sur le sujet.
Selon une analyse réalisée par le département financier du Fonds, « les pertes provoquées par un cyberincident de grande ampleur pourraient entraîner des difficultés de financement, des inquiétudes quant à la solvabilité et perturber les marchés dans leur ensemble ».
Les auteurs de l’étude estiment que « les modèles avancés d’IA réduisent le temps et le coût nécessaires pour trouver et exploiter des vulnérabilités, augmentant la probabilité du ciblage d’une faiblesse dès qu’elle est découverte dans des systèmes largement utilisés ».
La question a été particulièrement soulevée par l’introduction du nouveau modèle de la start-up Anthropic, Mythos, qui a repéré, durant des tests réalisés en interne « des milliers » de vulnérabilités « zero-day » dans des programmes accessibles en ligne.
Une vulnérabilité « zero-day » signifie que les concepteurs et utilisateurs n’ont pas conscience du point de faiblesse considéré. Sans intervention pour les combler, ces failles offriraient potentiellement à des pirates informatiques autant d’angles d’attaque.
Interrogé sur le sujet lors d’un entretien sur Fox Business, le principal conseiller économique de la Maison-Blanche, Kevin Hassett, a assuré mercredi que « l’ensemble des pouvoirs publics et du secteur privé » étaient mobilisés.
Il s’agit de « veiller à ce que, avant que ce modèle ne soit en circulation, il ait été testé pour s’assurer qu’il ne porte préjudice ni aux entreprises ni au gouvernement américain » a ajouté M. Hassett, précisant: « nous travaillons d’arrache-pied » à ce sujet.
Le développement d’outils tels que Mythos mettent « en avant à quel point le risque cyber lié à l’IA, évoluant rapidement, pourrait déstabiliser le système financier s’il n’est pas géré avec soin et pourquoi les autorités doivent renforcer la résistance de l’ensemble via la supervision et la coordination », ont jugé les auteurs de l’analyste du FMI.
Selon eux, les risques relevés sont systémiques et concernent tous les secteurs, dans la mesure où les outils informatiques utilisés dans le secteur financier sont souvent les mêmes que ceux de l’énergie ou des télécommunications, notamment.
Plus largement, le fait de « s’appuyer sur un petit nombre de plateformes logicielles, fournisseurs +cloud+ ou modèles IA augmente l’impact lié à l’exploitation d’une seule faiblesse » lorsqu’elle est découverte.
Dans la mesure où « les défenses vont nécessairement céder, la priorité doit être accordée à la résistance » de l’ensemble du système afin de « limiter la manière dont un incident s’étend et assurer une reprise rapide », relève l’institution.
Le FMI appelle également à renforcer la coopération internationale, « vitale » selon l’institution, dans la mesure où « les risques cyber ne s’arrêtent pas aux frontières ».
« Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2026 Agence France-Presse. »






Réagissez à cet article
Connectez-vous
Vous avez déjà un compte ? Connectez-vous et retrouvez plus tard tous vos commentaires dans votre espace personnel.
Vous n'avez pas encore de compte ?
Inscrivez-vous !