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PFAS: Plaine Commune « défavorable » au projet de filtration de l’eau du Sedif

Posté le par AFP

Le territoire de Plaine Commune (Seine-Saint-Denis), a voté un « avis défavorable » au projet de filtration de l’eau du syndicat des eaux d’Ile-de-France (Sedif), dont elle fait partie, estimant qu’il ne résolvait pas la problématique des « polluants éternels » ou PFAS et qu’il allait coûter trop cher aux usagers.

« Mardi soir, le conseil territorial de Plaine Commune a adopté un avis défavorable sur le projet d’osmose inverse basse pression (OIBP) porté par le Sedif et Veolia pour l’usine de Neuilly-sur-Marne (Seine-saint-Denis) », a indiqué Plaine Commune jeudi dans un communiqué.

L’OIBP, dont la mise en oeuvre entraînerait, selon Plaine Commune, « une augmentation d’environ 30% des factures d’eau, supportée par les usagers », « déplace le problème, (…) parce qu’elle filtre l’eau de micro-polluants » pour le robinet des usagers, « mais elle les rejette dans l’eau ensuite » en aval, a déclaré à l’AFP Mohamed Awad, conseiller territorial chargé de l’eau dans la ville et du retour en régie publique de l’eau.

Plaine Commune conteste également le coût, pour les quatre millions d’usagers, de la technologie retenue, qui nécessite un milliard d’euros d’investissement.

Ce projet d’envergure, une vitrine pour le géant des services à l’environnement, vise à moderniser les trois principales usines d’eau potable du Sedif, en ajoutant un traitement de filtration membranaire pour décontaminer l’eau d’un maximum de micro-polluants, et autant que possible, des « polluants éternels » ou PFAS.

Ces molécules chimiques per- et polyfluoroalkylées (PFAS), abondamment utilisées dans l’industrie et la fabrication d’objets de grande consommation, contaminent ensuite eaux et sols, et laissent craindre des effets délétères pour la santé selon plusieurs études: augmentation du taux de cholestérol, cancers, effets sur la fertilité et le développement du foetus, notamment.

C’est d’ailleurs un des arguments de poids brandis par le Sedif pour défendre ce projet : « c’est un process que nous mettons en place pour avoir de l’eau pure. Et cette eau pure, elle procède d’ailleurs d’une volonté de s’adapter aux règles européennes sur la santé », a déclaré à l’AFP le tout nouveau président du Sedif, Richard Dell’Agnola.

Au-delà de la contestation de ce projet, l’établissement public territorial, à la tête duquel le maire insoumis de Saint-Denis, Bally Bagayoko, a succédé récemment au socialiste Mathieu Hanotin, envisage de basculer vers un modèle de gestion publique de l’eau.

Cet avis, qui n’est pas « coercitif », constitue « un premier jalon » en ce sens, a expliqué à l’AFP M. Awad.

Les arguments des contempteurs du projet OIBP sont contestés par le Sedif.

« L’augmentation nécessaire à l’équilibre financier de l’opération a été évaluée à 4 euros par mois et par foyer (soit l’équivalent de 3 packs d’eau en bouteille), ce qui représente une augmentation de 7% du coût du m3 », a indiqué le Sedif, qui conteste par ailleurs tout impact des rejets sur le milieu.

Quant au projet de Plaine Commune de sortir du Sedif, ça ne se fera pas « du jour au lendemain », a prévenu M. Awad, alors que le Sedif a prévenu pour sa part qu’il s’y opposerait.

ngu/hrc/LyS

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