De « Vacances romaines » à « Journal intime » en passant par « La Dolce vita », elle est devenue à l’écran une icône mondiale du mode de vie à l’italienne: la légendaire Vespa, un scooter né en même temps que la République italienne, fête ce week-end ses 80 ans à Rome.
« L’histoire de la Vespa, qui accompagne littéralement la naissance et l’essor de l’Italie après la Deuxième Guerre mondiale, est en quelque sorte un symbole iconique de notre histoire, de notre culture », a rappelé le maire de la capitale italienne, Roberto Gualtieri, à l’occasion de la présentation des festivités.
La Vespa, qui signifie « guêpe » en italien – une référence au bruit du moteur de son prototype -, est née le 23 avril 1946, lorsque le premier brevet sur sa fabrication a été déposé en Italie par Piaggio. Elle continue depuis d’être produite notamment sur le site de Pontedera, en Toscane (centre-nord de l’Italie).
C’était « le symbole d’une Italie qui sortait de la guerre et qui se relançait », a ajouté M. Gualtieri, se disant très « fier » que Piaggio, son fabricant, ait décidé d’organiser cet anniversaire dans sa ville.
– « La Vespa, c’est spécial » –
« Rome et la Dolce Vita ont aussi été très largement racontées à travers la Vespa qui la parcourait », c’est pourquoi « raconter les 80 ans de la Vespa, c’est aussi raconter en partie la manière dont Rome a su frapper l’imaginaire du monde », en particulier au cinéma, a-t-il estimé.
Les quatre jours de réjouissances, qui ont commencé jeudi avec l’inauguration d’un « Village Vespa » sur le Foro Italico, un complexe sportif au nord de la capitale, culmineront samedi matin avec une grande parade dans les rues de la Ville éternelle.
Plus de 10.000 « Vespistes » en provenance du monde entier sont attendus sur leurs engins de toutes les époques, reconnaissables à leurs lignes arrondies, leur carrosserie en métal aux couleurs éclatantes et leur phare rond monté sur le guidon.
Parmi eux, Andrew Ward, 57 ans, et sa soeur Julie Stover, 63 ans, qui ont fait le déplacement depuis les Etats-Unis. Les deux Californiens ont loué une Vespa à Rome pour pouvoir participer au défilé.
« Nous avons eu des scooters et des motos toute notre vie. Mais j’ai toujours voulu une Vespa. (…) Maintenant, j’en ai deux », explique à l’AFP Andrew, coutumier des rassemblements de « Vespistes » dans son pays.
« C’est un scooter de grande qualité. Et il est associé à un certain statut. C’est classe, vous voyez. Ce n’est pas comme les petits scooters bon marché qu’on voit tout le temps sur la route. La Vespa, c’est spécial », poursuit sa soeur.
– Emancipation sociale –
Conçue pour être un moyen de transport populaire et accessible, la Vespa – qui a bénéficié de toutes sortes d’innovations dérivées de l’aviation, le coeur de métier de Piaggio – est aussi devenue le symbole d’une certaine émancipation sociale.
Son histoire est entremêlée avec « l’histoire d’un pays qui sort de l’après?guerre, qui veut bouger, qui veut se relever », a commenté Matteo Colaninno, le président exécutif du groupe Piaggio, à la présentation des célébrations.
« Et ce désir de bouger n’est pas seulement une mobilité physique », c’est aussi « une sorte d’élan vers la mobilité économique et surtout la mobilité sociale », a-t-il expliqué.
« Aujourd’hui, la Vespa est devenue un phénomène mondial, nous sommes à l’aube des 20 millions de véhicules produits » depuis 1946, a relevé M. Colaninno.
La Première ministre italienne Giorgia Meloni photographiée jeudi assise sur une Vespa blanche dans les salons du Palazzo Chigi, sa résidence officielle, a salué dans le fameux scooter non seulement « une excellence industrielle » mais aussi « l’une des icônes italiennes les plus appréciées au monde, symbole de la créativité et du style italiens ».
« C’est un mythe », abonde dans le même sens auprès de l’AFP Franco Gaudino, 52 ans, qui prend part à l’événement romain avec son club de La Louvière, en Belgique.
Mais pour Illac Diaz, originaire des Philippines, le plus « beau avec la Vespa », ce sont les amitiés qu’elle fait naître.
« Il n’y a aucun endroit où tu te gares sans que les gens deviennent des amis. Donc, la Vespa, c’est comme une famille », souligne cet homme de 52 ans, qui vient tout juste d’acheter une maison à Trieste, dans le nord de l’Italie, où il prévoit d’acquérir au plus vite… une nouvelle Vespa.
jra/cmk/bds
« Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2026 Agence France-Presse. »






Réagissez à cet article
Connectez-vous
Vous avez déjà un compte ? Connectez-vous et retrouvez plus tard tous vos commentaires dans votre espace personnel.
Vous n'avez pas encore de compte ?
Inscrivez-vous !