Le régulateur irlandais des médias a annoncé mardi l’ouverture de deux enquêtes sur les réseaux sociaux Facebook et Instagram de Meta, soupçonnés de manipuler leurs utilisateurs pour leur imposer un flux de contenu ciblé en fonction de leurs habitudes.
La Commission irlandaise des médias (Coimisiún na Meán) fait état dans un communiqué de « préoccupations » sur des interfaces « manipulatrices et trompeuses, qui pourraient empêcher les personnes d’exercer leur droit de choisir un fil de recommandations qui ne soit pas fondé sur le profilage », à l’encontre du règlement européen sur les services numériques (DSA).
Ce type de contenu consiste en une liste de publications, de vidéos, de produits ou d’articles qui a été « choisie et classée pour l’utilisateur par un système qui apprend à partir de ce qu’il aime, avec quoi il interagit ou sur quoi il passe du temps », précise le régulateur.
« Nous contestons toute suggestion selon laquelle nous aurions enfreint le DSA. Nous avons apporté des changements substantiels à nos processus et à nos systèmes afin de répondre à nos obligations réglementaires, et nous coopérerons » avec les autorités irlandaises, a assuré auprès de l’AFP un porte-parole de Meta.
Alors que plusieurs pays dans le monde ont instauré ou envisagent d’instaurer un âge minimum pour les réseaux sociaux, la question d’algorithmes jugés addictifs est au coeur des critiques visant les géants de la tech.
Un jury américain a aussi estimé fin mars qu’Instagram et YouTube étaient responsables du caractère addictif de leurs plateformes et des troubles de santé mentale subis à l’adolescence par une jeune Californienne.
De nombreuses études ont mis en évidence, ces dernières années, les dégâts causés par les réseaux sociaux sur certains jeunes utilisateurs.
Pour le régulateur irlandais, les inquiétudes concernent notamment « l’impossibilité éventuelle pour les utilisateurs de sélectionner et de modifier, à tout moment et de manière directe et accessible, un flux de recommandation sans profilage ».
John Evans, commissaire aux services numériques à la Commission des médias, pointe « les dommages potentiels que ces algorithmes peuvent causer en poussant de manière répétée des contenus nuisibles dans les fils des utilisateurs, en particulier des enfants et des jeunes ».
Le régulateur précise dans son communiqué avoir « étroitement coopéré » avec la Commission européenne et les autres coordinateurs des services numériques dans l’ensemble de l’UE et rappelle que les enquêtes peuvent aboutir pour les entreprises à une amende « pouvant aller jusqu’à 6% du chiffre d’affaires ».
ode/emp
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