Quatre associations et les Verts ont réclamé à la justice mercredi l’annulation de l’autorisation accordée par la préfecture à l’industriel de la chimie Daikin d’employer un nouveau PFAS, « polluant éternel », sur son site de la banlieue de Lyon.
Cette requête en annulation de l’arrêté préfectoral du 24 juillet a été déposée le 28 septembre devant la cour administrative d’appel de Lyon, par l’ONG de défense de l’environnement Notre affaire à tous.
La préfecture du Rhône a autorisé Daikin, filiale du groupe chimique japonais Daikin Chemical, à produire un nouveau type de PFAS sur son site de Pierre-Bénite (Rhône), au sud de Lyon (70 personnes), dans la « vallée de la chimie ». Cette zone est considérée comme l’une des plus polluées en France aux per- et polyfluoroalkylées (PFAS).
Quasi-indestructibles, ces substances massivement utilisées dans l’industrie chimique, s’accumulent avec le temps dans l’air, le sol, les eaux des rivières, la nourriture et jusqu’au corps humain, d’où leur surnom de « polluants éternels ». Certains ont des effets délétères pour la santé.
Les cinq requérants demandent au juge administratif « une évaluation environnementale digne de ce nom », « une information claire et intelligible à destination de la population » et « la consultation du public », explique à l’AFP Jeanne Fleury, présidente de Notre affaire à tous Lyon.
Dans cette usine qui fournit notamment des caoutchoucs synthétiques techniques à destination de l’automobile, Daikin a prévu de produire une nouvelle substance, un PFAS dit de « grade BRE », qui présente selon l’ONG « un risque de vaporisation violente et explosive d’un liquide ».
Elle « se dégrade dans l’atmosphère en TFA » une molécule PFAS « à l’origine d’une contamination quasi-généralisée des eaux potables en Europe » et « suspectée comme toxique pour la reproduction par l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) en juin 2026 », affirme encore Notre affaire à tous.
Dans un communiqué, Daikin France rejette ces accusations, expliquant que sa demande a « fait l’objet d’un processus d’instruction complet et approfondi auprès des autorités, en totale adéquation avec la règlementation existante ».
L’entreprise dit avoir « volontairement fourni une étude des risques sanitaires (…) réalisée conformément à la méthodologie retenue par l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (INERIS) », ayant conclu « à l’absence de risques sanitaires du projet. Sur cette base, la Préfecture du Rhône a considéré que l’impact sanitaire du projet était acceptable ».
En attendant une audience devant la cour administrative d’appel, les requérants envisagent de saisir le juge des référés.
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