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Conclusion
Spécifications et applications des interfaces à retour d’effort : problématique générale et téléopération
S7742 v1 Article de référence

Conclusion
Spécifications et applications des interfaces à retour d’effort : problématique générale et téléopération

Auteur(s) : Florian GOSSELIN

Date de publication : 10 juil. 2026

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1 - Les interfaces à retour d’effort

2 - Les applications des interfaces à retour d’effort en téléopération

3 - Conclusion

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Auteur(s)

  • Florian GOSSELIN : Responsable scientifique – Département Intelligence Ambiante et Systèmes Interactifs - Université Paris-Saclay, CEA, LIST, F91120 Palaiseau, France

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INTRODUCTION

Il existe des environnements dans lesquels l’être humain ne peut pas intervenir directement parce que le milieu est hostile, distant, ou inaccessible à son échelle. Pour travailler dans ces conditions, on doit utiliser des robots. Cependant, malgré les progrès continus de la technologie en mécatronique, en commande et en intelligence artificielle, leurs capacités ne sont toujours pas suffisantes pour mener à bien, de manière autonome et avec un niveau satisfaisant de fiabilité et de sécurité, des missions complexes laissant une large place à l’imprévu. C’est particulièrement vrai dans des environnements où les erreurs peuvent avoir des conséquences dramatiques (e.g. nucléaire, chirurgie) ou un impact financier majeur compte tenu des coûts et de l’importance stratégique des structures sur lesquelles les robots interviennent (e.g. spatial, off-shore profond). Dans ces conditions, on préfère garder l’homme dans la boucle, afin qu’il conserve, en pilotant ces robots à distance, le contrôle et le pouvoir de décision en dernier recours. On parle de téléopération. Dans la pratique, on peut utiliser des interfaces de commande relativement simples (par exemple des joysticks, des systèmes de capture de mouvement ou même des interfaces vocales) pour piloter de tels robots en position, par exemple pour déplacer une caméra, mais elles ne suffisent plus dès lors qu’il faut réguler les efforts d’interaction avec l’environnement. Dans ce cas, on doit utiliser des interfaces à retour d’effort appelées bras maîtres, les robots qu’ils permettent de piloter étant qualifiés d’esclaves.

On retrouve la même problématique en réalité virtuelle. Ainsi, pour interagir avec des environnements virtuels générés par un ordinateur et dont il est physiquement exclu, l’être humain doit recourir à des avatars pilotés « à distance », ce qui requiert l’usage de périphériques adaptés. Dans ce contexte, les interfaces à retour d’effort, appelées ici interfaces haptiques, sont particulièrement intéressantes. Elles permettent de contrôler les mouvements de certains objets de la scène virtuelle tout en ressentant, comme dans le monde réel, les efforts qui s’appliquent sur ces objets quand ils entrent en contact avec leur environnement. La sensation d’immersion est alors renforcée et les interactions sont plus naturelles et plus efficaces qu’avec des systèmes de capture de mouvement par exemple.

Dans les deux cas, le rôle principal du retour d’effort est de faire ressentir à l’opérateur, de la façon la plus réaliste possible, les efforts appliqués sur le robot esclave ou l’avatar, mais il peut aussi être utilisé pour générer des efforts synthétiques destinés par exemple à l’empêcher d’atteindre des zones sensibles à protéger, ou encore à accompagner ses mouvements en le guidant le long d’une trajectoire de référence ou en l’aidant à porter une charge lourde. Tout naturellement, ces fonctions d’assistance ont suscité un vif intérêt qui va bien au-delà des applications de téléopération et de réalité virtuelle, et les interfaces à retour d’effort trouvent aussi des applications dans le domaine de l’assistance au geste ou au mouvement, que ce soit au travail ou à domicile.

La variété des situations rencontrées a conduit au développement d’interfaces à retour d’effort très variées, utilisées dans de nombreux domaines applicatifs. Dans cet article, nous commencerons par rappeler brièvement les critères qu’elles doivent respecter pour qu'un opérateur puisse les utiliser pour contrôler les mouvements d’un robot ou d’un avatar de façon naturelle, efficace et intuitive. Nous dresserons ensuite un panorama de leurs applications en téléopération, les autres usages étant couverts par l'article [S 7 743].

À retenir
  • Les interfaces à retour d’effort sont des périphériques permettant de commander un robot à distance ou un avatar dans un environnement virtuel en ressentant les efforts auxquels ils sont soumis.

  • Elles trouvent de nombreuses applications en téléopération, sur lesquelles nous nous concentrerons dans cet article, mais aussi en réalité virtuelle et dans le domaine de l’assistance au geste et au mouvement, objets de l’article [S 7 743].

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DOI (Digital Object Identifier)

https://doi.org/10.51257/a-v1-s7742

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3. Conclusion

Il existe de nombreux domaines dans lesquels ni les humains ni les robots ne peuvent intervenir seuls ; les humains car le milieu est hostile et/ou inaccessible, les robots car, malgré des progrès continus en mécatronique, commande et intelligence artificielle, ils n’ont toujours pas des capacités suffisantes pour mener à bien, de manière autonome et avec un niveau satisfaisant de fiabilité et de sécurité, des missions qui impliquent des tâches complexes, largement imprévisibles et/ou critiques.

Pour réaliser ces opérations, qui requièrent généralement une parfaite maîtrise des déplacements et des efforts exercés sur l’environnement, on fait appel à des systèmes de téléopération à retour d’effort. Ces dispositifs permettent d’associer les capacités de travail et de projection dans l’environnement distant des robots avec les capacités d’analyse, de décision et d’adaptation des opérateurs qui gardent le contrôle et conservent le pouvoir de décision en dernier recours.

De tels systèmes trouvent de très nombreuses applications dont nous avons dressé, après en avoir rappelé les principes de fonctionnement, un large panorama. Les usages avérés ou potentiels de ces robots couvrent une grande variété de milieux hostiles (téléopération nucléaire, spatiale, sous-marine) ou dangereux (manipulation d’explosifs, déminage, travaux publics, milieux industriels à risque, manipulation de substances chimiques ou biologiques dangereuses,…), mais aussi des environnements dont l’échelle ne permet pas à l’homme d’y intervenir directement (téléchirurgie, manipulation d’objets microscopiques), ou pas facilement dans des conditions économiquement viables (e.g. télé-échographie).

Force est cependant de constater que, malgré le potentiel de cette technologie, sa diffusion reste lente. Elle est largement utilisée dans l’industrie nucléaire, où elle a été indispensable dès l’origine, mais elle doit encore faire ses preuves dans les autres domaines, parfois parce que les robots que l’on cherche à piloter ne sont pas adaptés au retour d’effort, parfois parce que le marché est trop confidentiel pour justifier des développements coûteux, parfois encore parce que le retour sur investissement du retour d’effort n’est pas avéré. Ainsi par exemple, la plupart des robots utilisés dans le domaine off-shore ou dans le bâtiment et les travaux publics...

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BIBLIOGRAPHIE

  • (1) - ALIAGA (I.), RUBIO (A.), SANCHEZ (E.) -   Experimental quantitative comparison of different control architectures for master-slave teleoperation.  -  IEEE Trans. on Control Systems Technology, Volume 12, No. 1, pp. 2-11, janvier 2004.

  • (2) - JOLY (L.) -   Commande hybride position/force pour la téléopération : une approche basée sur des analogies mécaniques.  -  Thèse de Doctorat de l’Université Paris 6, Paris, France, octobre 1997.

  • (3) - MASSIMINO (M.J.), SHERIDAN (T.B.) -   Teleoperator performance with varying force and visual feedback.  -  Human Factors, Vol. 36, No. 1, pp. 145-157, mars 1994.

  • (4) - WILDENBEEST (J.G.W.), ABBINK (D.A.), HEEMSKERK (C.J.M.), VAN DER HELM (F.C.T.), BOESSENKOOL (H.) -   The impact of haptic feedback quality on the performance of teleoperated assembly tasks.  -  IEEE Trans. on Haptics, Volume 6, No. 2, pp. 242-252, avril-juin 2013.

  • (5) - LII (N.Y.), CHEN (Z.), PLEINTINGER (B.), BORST (C.H.), HIRZINGER (G.), SCHIELE (A.) -   Toward understanding the effects of visual- and force-feedback...

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