La signature d’un contrat confirme l’entrée de Belgrade dans une nouvelle phase de modernisation de ses transports urbains. Elle renforce aussi la visibilité d’Alstom sur un projet d’infrastructure majeur en Europe du Sud-Est.
Le groupe Alstom a remporté un contrat clé en main de 915 millions d’euros pour la livraison de la ligne 1 du métro de Belgrade, appelée à devenir le premier métro entièrement automatisé de Serbie. Le marché porte sur la première phase d’un projet présenté comme structurant pour la capitale serbe, avec l’objectif de transférer une part importante des déplacements urbains vers un réseau souterrain à grande capacité. Cette opération a été officialisée le 27 mars 2026 par Alstom, qui précise que la première section reliera Makiško Polje à Karaburma.
Dans son périmètre initial, la future ligne 1 doit s’étendre sur 15 kilomètres et compter 15 stations, dont 11 kilomètres de tunnels, en traversant directement le centre-ville. Les éléments publiés sur le contrat indiquent qu’il s’agit d’un projet destiné à réduire la congestion de surface et à améliorer la fluidité des déplacements dans une agglomération confrontée depuis longtemps à des tensions de transport. Le caractère structurant du chantier est également mis en avant par la presse ferroviaire spécialisée, qui décrit cette section comme la phase initiale du premier métro automatique de la capitale serbe.
À l’échelle industrielle, le contrat couvre une solution de métro intégrée comprenant 32 rames Metropolis à trois voitures sans conducteur, mais aussi la signalisation, les télécommunications, l’alimentation électrique, les voies, les portes palières, les équipements de dépôt, un centre de contrôle centralisé et des systèmes de cybersécurité. La technologie de signalisation retenue est la solution Urbalis CBTC d’Alstom, conçue pour permettre une exploitation entièrement automatisée, fiable et à haute capacité. Les rames seront fabriquées à Valenciennes, en France.
Un contrat qui dépasse la seule fourniture de trains
L’intérêt du marché tient précisément à cette dimension clé en main. Il ne s’agit pas uniquement d’une commande de matériel roulant, mais d’un ensemble cohérent intégrant le système de transport, l’exploitation automatisée et les équipements indispensables à la mise en service. La documentation publiée par le gouvernement serbe mentionne que le contrat commercial couvre la préparation de la conception et de la documentation technique, l’approvisionnement, le transport, l’installation des équipements et matériaux, ainsi que les essais et la mise en service du système de transport pour la première phase de la ligne 1. Le même texte confirme que les 32 trains correspondent au besoin total de la ligne 1.
Le montage financier constitue un autre point important. Les informations officielles serbes indiquent qu’un protocole financier a été signé entre la Serbie et la France en décembre 2025 dans le cadre du financement de cette première phase. Il prévoit un soutien financier sous la forme d’un prêt de 150 millions d’euros du Trésor français, tandis qu’Alstom évoque plus largement un appui du gouvernement français au projet. Cette articulation confirme que l’opération relève à la fois d’un enjeu industriel, d’une coopération bilatérale et d’un projet d’infrastructure de long terme pour Belgrade.
Belgrade accélère la mise en place de son futur réseau
Le contrat remporté par Alstom s’inscrit dans un programme plus vaste. La ville travaille depuis plusieurs années à la structuration de son futur métro automatique, avec l’appui de plusieurs partenaires. RATP Dev a ainsi vu son contrat d’opérateur amont renouvelé en 2024 pour les trois lignes prévues du réseau, avec une mission portant sur l’exploitation, la maintenance, la sécurité, l’expérience voyageur et l’optimisation du cycle de vie. Cette source rappelle que le projet de métro de Belgrade est présenté comme l’un des plus importants chantiers d’infrastructure en Serbie.
Le schéma d’ensemble demeure évolutif, mais la trame générale du projet est déjà connue. Un protocole d’accord a ainsi été signé en 2021 pour la phase initiale de la ligne 1 tandis qu’un réseau plus large est envisagé, avec 65 kilomètres de nouvelles infrastructures au total, dont une seconde phase de la ligne 1 et une ligne 2 supplémentaire. Le coût de construction des lignes 1 et 2 y est estimé à 7 milliards d’euros. Ces éléments ne modifient pas la portée immédiate du contrat de 915 millions d’euros, mais ils éclairent sa fonction de première brique opérationnelle dans un programme nettement plus vaste.
Pour Alstom, ce succès renforce la présence du groupe sur les projets de métro automatique et confirme la valeur stratégique de ses offres intégrées combinant matériel roulant, signalisation et systèmes. Pour Belgrade, l’enjeu réside dans la création d’un réseau capable d’absorber une partie de la croissance urbaine, de réduire la dépendance au trafic routier et de doter la capitale serbe d’une infrastructure de transport lourd qui lui faisait encore défaut. À ce stade, les informations publiées convergent sur un point essentiel. Le contrat de 915 millions d’euros ne constitue pas seulement une commande industrielle importante, mais bien l’acte de lancement concret du premier métro de Belgrade.






Réagissez à cet article
Connectez-vous
Vous avez déjà un compte ? Connectez-vous et retrouvez plus tard tous vos commentaires dans votre espace personnel.
Vous n'avez pas encore de compte ?
Inscrivez-vous !