Logo ETI Quitter la lecture facile

La route solaire toujours en test

Posté le par Matthieu Combe dans Énergie

Suite aux mauvais résultats de la route solaire normande (production plus faible que prévue, prix du kWh très élevé, temps de retour énergétique élevé, bruit important), Colas continue d'améliorer sa technologie Wattway. Sur l'île de la Réunion, les résultats sont meilleurs, mais demeurent insuffisants.

La route solaire Wattway est en test en conditions réelles grâce à 23 démonstrateurs dans le monde. Des tests majoritairement compris entre 24 et 100 m² en France métropolitaine. Le plus grand test est mené à Tourouvre (61), avec 2 800 m², de revêtement Wattway installés, soit 1 km de route. Mais la route produit deux fois moins que prévu et les résultats déçoivent. La production moyenne journalière pour la route normande se situe à 0,14 kilowattheure par mètre carré (kWh/m²).

Colas continue d’améliorer sa technologie et à fonder des espoirs importants dans cette dernière. Sur le site de son siège au Port, GTOI, la filiale de Colas dédiée aux grands travaux de l’Océan Indien teste la route solaire depuis février 2017. Ce démonstrateur de Wattway sur l’île de la Réunion alimente une borne de recharge pour véhicule électrique. Ce démonstrateur produit en moyenne 9,9 kilowattheures d’électricité par jour. Soit une production journalière de 0,4 kWh ou près de trois fois plus que la route solaire normande. Depuis février 2017, la production cumulée dépasse les 7 000 kWh. De quoi faire plus de 230 tours de l’île en véhicule électrique.

Une route solaire qui interroge

Sur l’île de la Réunion, 25 m² de route solaire produisent ainsi environ 3500 kilowattheures par an. Un foyer français standard consomme en moyenne 4 710 kWh d’électricité chaque année, soit 12,9 kWh par jour. Il faudrait donc près de 34 m² de route solaire réunionnaise pour fournir l’électricité annuelle à un foyer français.

Selon l’agence régionale énergie réunion (arer), environ 8 m² de capteurs photovoltaïque produisent en moyenne 1300 kWh par an à la Réunion. 29 m² de toitures photovoltaïques suffiraient donc pour alimenter un foyer en électricité sur l’île. C’est 5 m² de moins que pour la route solaire.

Puisque la route solaire coûte plus chère et produit moins d’électricité que des panneaux installés sur toiture, il semble peu probable que cette première devienne une solution globale pour répondre aux besoins électriques français. La route solaire servira plutôt localement pour alimenter en électricité des bornes électriques, de l’éclairage public, du mobilier urbain, et des bâtiments, principalement dans des zones isolées.

Depuis janvier 2019, GTOI teste la cinquième version de la technologie Wattway. Nouveau substrat multicouche composé de résines polymères composites et de granulés transparents, réduction du bruit, amélioration du câblage électrique… Colas promet des améliorations substantielles et espère entrer en phase de commercialisation en 2019. Affaire à suivre…

Pour aller plus loin

Posté le par Matthieu Combe

Les derniers commentaires

  • Les routes thermo-solaires (ou à énergie positive) sont souvent plus intéressantes, voire plutôt complémentaires, car elles ne coûtent par cher (tuyaux de plastiques recyclés à 10 cm de profondeur avec stockage dans un bulbe en fin de sonde géothermique de 20 à 200 m), sont amorties parfois en 1 saison (routes ou pistes d’aéroports gelés etc), produisent beaucoup plus d’énergie, peuvent éviter avec stockage estival l’emploi de sel polluant pour le dégel et les coûteux et risqués problèmes de circulation associés, permettent l’apport au chauffage urbain local, dont piscines, réseaux de chaleur basse température, serres agricoles etc, voire le froid (par système d’adsoption par exemple), améliorent la durabilité des revêtements, baissent la température des îlots urbains en eté et correspondent à des quantités très élevées de revêtements dans le monde, d’énergie, de marchés potentiels etc.

    Les infrastructures routières représentent en France 1,2 % de la surface du territoire métropolitain, soit l’équivalent de plus de 3 fois le chauffage (plus de 250 KWh/an). 100 % du chauffage et de l’eau chaude sanitaire pour un éco-quartier de 55 000 m2 peuvent être couverts par 4 km de chaussée avec stockage estival et pompe à chaleur de Cop augmenté.

    Voir Power Road d’Eurovia et/ou Novatherm avec Vermot TP (Jura), Entreprise Charier (Ouest-France) et son projet Hélianthe, Eiffage avec l’IFSTTAR, Thermalbanks d’Icax (GB) etc.

    https://www.youtube.com/embed/z3oyn39kjOE

    .


Réagissez à cet article

Commentaire sans connexion

Pour déposer un commentaire en mode invité (sans créer de compte ou sans vous connecter), c’est ici.

Captcha

Connectez-vous

Vous avez déjà un compte ? Connectez-vous et retrouvez plus tard tous vos commentaires dans votre espace personnel.

INSCRIVEZ-VOUS
AUX NEWSLETTERS GRATUITES !