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Le best of presse : au fil de l’actu sci-tech #12

Posté le par Marie-Caroline LORIQUET dans Environnement

Tous les mois, nous épluchons la presse française et internationale pour vous proposer une sélection des informations scientifiques et technologiques les plus incontournables, amusantes, surprenantes ou simplement de grande utilité !

Ici vous trouverez notre récap’ de l’actualité scientifique et technologique qui a bercé ou chamboulé ce mois de mai. Et comme à l’accoutumée dans nos « best of presse », vous trouverez, en bas de cet article, une info bonus !

Réinventer le climat ?

Les treize équipes de recherche finalistes du Prix de l’inventeur européen 2022 sont connues depuis ce mardi 17 mai. L’AFP via Sciences et avenir nous apprend que huit des finalistes sont des femmes et sept projets sélectionnés sur treize relèvent de la transition énergétique et climatique. Un jury international décernera le 21 juin le Prix à quatre de ces équipes, récompensant « leur apport à la technologie, à la durabilité et à la croissance économique ainsi qu’à l’amélioration de la vie quotidienne », selon l’OEB, l’Office Européen des Brevets.
L’ingénieur aéronautique Français Frédérick Pasternak est en lice avec un interféromètre, un instrument de météorologie par satellite permettant d’améliorer considérablement la précision des prévisions météo et des prédictions scientifiques sur le changement climatique. Il répertorie les gaz dans l’atmosphère (CO2, CH4 et autres composés chimiques) en les quantifiant et en les localisant très précisément.
Toujours en France, la chimiste Claude Grison a mis au point une méthode de décontamination des sols pollués avec des plantes qui absorbent le métal, par exemple autour des sites miniers. Après leur récolte, elles peuvent être utilisées comme « éco-catalyseurs » (filtres) pour fabriquer de nouvelles molécules destinées aux industries chimique, pharmaceutique et cosmétique.
Rendez-vous sur le site de l’OEB pour connaître les onze autres équipes finalistes et le 21 juin pour les résultats !

Qu’est-ce qui fait roussir la Lune ?

Dans la nuit de dimanche 15 à lundi 16 mai, la Lune, la Terre, et le Soleil se sont parfaitement alignés. Cela a conduit à une éclipse totale de la Lune. La Terre, en projetant son ombre sur la Lune, lui a fait perdre son éclat blanc et revêtir des teintes cuivrées.
Le phénomène céleste était visible depuis une partie des continents européen, américain et africain, entre le lever et le coucher de la Lune. Les photos, parfois spectaculaires, abondaient sur la toile dans la matinée du 16 mai. L’événement est en replay grâce à la NASA. Avec un peu de patience, le prochain alignement peut être vécu en direct en novembre 2022 ! 

Immersion dans un monde souterrain

Le 6 mai, Chen Lixin, son équipe d’expédition et des spéléologues, ont exploré un nouveau gouffre karstique géant dans le comté de Leye, dans le sud de la Chine. C’est le 30e “Tiankeng”, terme mandarin qui peut être traduit par « fosse céleste » de cette région. Leur formation résulte de la dissolution des roches par les eaux de pluie. Elles s’écoulent à travers les fissures, en les élargissant progressivement. Ces immenses gouffres en résultent.
Pour explorer ce gouffre, l’équipe d’explorateurs a descendu les 192 mètres de profondeur en rappel. Il mesure 306 mètres de long et 150 mètres de large pour un volume dépassant les 5 millions de mètres cubes. L’ingénieur principal à l’Institut chinois de géologie du karst, Zhang Yuanhai décrit les profondeurs du gouffre comme “un autre monde”. Il débouche trois entrées de grottes, et contient une forêt avec des arbres de 40 mètres de haut et Chen Lixin décrit le sous-bois dense qui tapisse le sol comme « aussi haut que les épaules d’une personne”. Il ajoute : « je ne serais pas surpris de savoir qu’il existe des espèces trouvées dans ces grottes qui n’ont jamais été signalées ou décrites par la science jusqu’à présent ». Voici de quoi alimenter nos rêves d’anciens lecteurs de Jules Verne. 

Il y a de l’eau dans la glace

Une équipe scientifique américaine a découvert un gigantesque réservoir d’eau liquide, cachée sous la calotte glaciaire dans l’Antarctique. L’étude a été publiée dans la revue Science le 5 mai. Elle pourrait modifier les prévisions d’évolution de cette région du globe.
L’expédition a mené l’équipe dans l’ouest de l’Antarctique, à 700 kilomètres du pôle Sud, sur la rivière de glace Whillans, parce qu’elle est infiltrée d’eau douce à l’état liquide.
Cette découverte remet en question les connaissances sur l’organisation des couches de l’Antarctique. Selon elle, au sommet se trouvait l’eau douce sous forme de glace. Elle reposait sur une couche de sédiments, qui s’appuyait sur un socle de roche profonde. L’eau circulant entre les couches supérieures et inférieures n’avait pas encore été étudiée.
L’équipe a employé la technique d’imagerie magnétotellurique, expliquée par Chloe Gustafson, post-doctorante en océanographie de l’Institut Scripps, à l’université de Californie à San Diego (UCSD) : « Cela consiste à analyser en profondeur les champs électromagnétiques générés par le Soleil, mais aussi par la Terre. La glace, les sédiments, le socle, l’eau douce ou l’eau salée ont tous des signatures différentes. C’est un peu comme faire une IRM de la Terre. »
Les données recueillies révèlent un volume d’eau souterraine dans un bassin sédimentaire de plus d’un kilomètre d’épaisseur. Les prélèvements sur la salinité laissent présumer un échange entre l’eau de mer fossile en profondeur et l’eau de fonte actuelle au-dessus. D’autres résultats suivront…

Le régal des régolithes

Une étude parue dans Nature Communications Biology ce 12 mai nous apprend que des scientifiques ont réussi pour la première fois à faire pousser des plantes dans du sol lunaire. Bill Nelson, le patron de la NASA, explique que « ces recherches sont cruciales pour les objectifs de la Nasa d’exploration humaine à long terme ». Il ajoute : « nous aurons besoin d’utiliser les ressources se trouvant sur la Lune et sur Mars pour développer des sources de nourriture pour les futurs astronautes vivant dans l’espace lointain. »
Cette expérimentation ne fait pas suite à un nouveau voyage de la Terre à la Lune. Des chercheurs de l’Université de Floride ont utilisé pour cette expérimentation plusieurs échantillons récupérés lors des missions Apollo 11, 12 et 17. Ces 12 grammes ont été collectés à différents endroits de la Lune. Ils sont constitués de régolithes, la roche meuble qui recouvre la surface de l’astre.
Au bout de deux jours, les graines d’arabidopsis thaliana ont donné des germes. Cette plante a été choisie pour sa culture simple, notamment dans les environnements hostiles.
Anna-Lisa Paul, spécialiste des plantes dans l’espace, dirige le laboratoire Space Plants Lab, qui a envoyé des plantations dans la Station spatiale internationale pour contrôler leur croissance. Elle est l’auteure principale de cette étude, et rapporte qu’au bout de vingt jours, les scientifiques les ont récoltées pour les étudier, notamment leur ADN. Les plantes lunaires ont réagi de la même manière que dans un environnement hostile, comme quand un sol contient trop de sel, ou des métaux lourds. Ils vont s’employer à comprendre par quels moyens cet environnement pourrait être rendu plus hospitalier.

Bonus : Ecoutez un trou noir

La NASA a profité de sa Black Hole Week (semaine du trou noir) du 2 au 6 mai 2022, pour publier la vidéo de la traduction sonore du trou noir de la constellation Persée. Située à plus de 200 millions d’années-lumière de la Terre, la constellation découverte en 2003, est composée de milliers de galaxies enveloppées de gaz chaud. L’intérieur de Persée émet des ondes de pression, qui se propagent à travers tous les gaz chauds environnants. C’est ce qui permet une traduction en son des ondes, en mouvements depuis le trou noir vers son entourage. Cette note est inaudible par l’oreille humaine parce qu’elle est environ 57 octaves en dessous du do médian. Avec l’aide de l’observatoire spatial de rayons X Chandra, la fréquence de ces ondes a été augmentée de plusieurs millions de milliards de fois. Voici le résultat. L’image de la vidéo est aussi une capture de Chandra.
Et l’on disait l’espace silencieux !

 

Crédit image de une : Intissar El Hajj Mohamed // Techniques de l’Ingénieur

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Posté le par Marie-Caroline LORIQUET


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