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En chiffres

Les recrutements de cadres au plus haut niveau en 2018

Posté le par Iris Borel dans Entreprises et marchés

Les recrutements de cadres devraient être au plus haut niveau en 2018, selon l'Apec, dans un contexte où tous les indicateurs économiques sont au vert.

« La confiance des entreprises est solide et l’ensemble des secteurs et des fonctions profiteraient de ce marché très bien orienté. Au total, le nombre d’embauches devrait se situer entre 248 000 et 271 000. La progression par rapport à 2017 pourrait aller jusqu’à +13 %, selon les 11 000 entreprises1 que nous avons interrogées » affirme  Jean-Marie Marx, directeur général de l’Apec.

« Certes, des aléas subsistent notamment sur l’environnement international » explique-t-il, « mais tout nous incite à tabler sur une croissance pérenne, ce qui permettrait aux recruteurs d’effectuer plus de 276 000 embauches de cadres à l’horizon 2020, selon le modèle économétrique élaboré par l’Apec. »

« Un point de vigilance cependant, souligne-t-il, les entreprises rencontrent des difficultés de recrutements sur certaines fonctions. Ces tensions sont à mettre en lien avec l’accélération de la transformation numérique, la transition énergétique, et les évolutions des organisations et de leur mode de management qui nécessitent des compétences nouvelles. Se former, et anticiper ces changements s’imposent comme de nouveaux enjeux, non seulement pour les cadres et les jeunes diplômés, mais aussi pour les entreprises. »

L’analyse par secteur révèle sans surprise que les Services pourraient totaliser jusqu’à 196 600 embauches de cadres sur l’ensemble de l’année. Dans le même temps, le Commerce, la Construction et l’Industrie devraient être boostés par la bonne santé économique et accroître sensiblement leurs recrutements de cadres. Respectivement jusqu’à +9 % et +12 %.

Par ailleurs, la majeure partie des recrutements continuent de se concentrer sur les Activités Informatiques et télécommunication, l’Ingénierie-R&D, et les Activités juridiques et comptables, conseils et gestion des entreprises. Par ailleurs, les fonctions Informatique, Etudes recherche & développement et Commercial représenteraient un peu moins de 60 % des embauches.

Ce sont toujours les cadres ayant 1 à 10 ans d’expérience qui seraient les plus recherchés par les recruteurs. Les débutants ayant moins d’un an d’expérience, quant à eux, commenceraient à profiter d’un marché de l’emploi cadre dynamique.

Enfin, la quasi-totalité des régions ont le vent en poupe. L’Île-de-France s’imposerait toujours comme la 1ère région avec un recrutement sur deux de cadres. Suivent Auvergne-Rhône-Alpes, Occitanie, Hauts de France, Provence-Alpes-Côte d’Azur-Corse et Nouvelle Aquitaine.

Marché de l’emploi cadre en 2018 : 248 000 à 271 000 embauches

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À partir des réponses de 11 000 entreprises interrogées entre les mois d’octobre et décembre 2017, l’Apec estime que les recrutements de cadres pourraient être compris entre 248 000 à 271 000 en 2018. Cette évolution correspondrait à une augmentation de 3 % à 13 % par rapport à 2017. La médiane des recrutements se situerait à 259 500. Dans un contexte où les indicateurs économiques sont au vert, ces résultats reflètent une confiance solide de la part des recruteurs en la pérennité de la croissance. Au moment de l’enquête, trois fois plus d’entreprises ont déclaré avoir l’intention d’accroître leur effectif cadre que de le réduire, respectivement 12 % contre 4 %. Une configuration inédite depuis 2007.

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Tous les secteurs profiteraient de la dynamique à l’œuvre. L’Industrie maintiendrait son rythme de croisière atteint l’an dernier (jusqu’à +12% de recrutements). Tandis que les Services qui représentent plus de 7 recrutements sur 10, atteindraient des niveaux inégalés avoisinant les 197 000 embauches de cadres. Enfin, la Construction, dont la reprise a déjà été très sensible l’an dernier, maintiendrait son cap, avec 12 400 à 13 200 recrutements. Quant au Commerce, qui a connu une baisse de 2 % l’an dernier, ce sont entre 19 800 à 21 500 cadres qui pourraient être recrutés.

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En termes de fonctions, le trio de tête demeurerait l’Informatique, Etudes-R&D et le Commercial. Celui-ci concentrerait 57 % de l’ensemble des recrutements. La hausse la plus marquée devrait être celle de l’Informatique qui atteindrait 20% de croissance.

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En 2018, les cadres les plus courtisés devraient être ceux dont l’expérience se situe entre 1 et 10 ans. Pour les cadres seniors de plus 20 ans d’expérience, les prévisions sont plus mitigées entre + 7 % et – 6%, Les débutants quant à eux, commenceraient à profiter de la bonne santé du marché de l’emploi cadre, avec 47 500 à 53 000 embauches.

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Sur le plan géographique, la quasi-totalité des régions devraient avoir le vent en poupe. L’Île-de-France s’imposerait toujours comme la 1ère région avec près d’un recrutement sur deux de cadres. Suivent Auvergne-Rhône-Alpes et Occitanie. Provence-Alpes-Côte d’Azur-Corse enregistrerait la plus forte progression.

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Enfin, en 2017 la France a enregistré une hausse de ses recrutements de cadres de 10 %, soit un volume total de 240 100. Les créations2 de postes, qui reflètent cette bonne santé du marché se sont établies à 53 800.

Prévisions 2018-2020 issues du modèle économétrique de l’Apec : le scénario de croissance « pérenne »

Le modèle construit en 2009 par l’Apec est le fruit des travaux de sa direction données, études et analyses. Il a permis de montrer que l’investissement, mesuré par la formation brute de capital fixe (FBCF), est au cœur de la dynamique de l’emploi en général et de l’emploi cadre en particulier. Le modèle intègre également le niveau du PIB ainsi qu’une dimension démographique en tenant compte des départs à la retraite de cadres en emploi. Afin d’élaborer le plus précisément possible des scénarios, l’Apec s’est intéressée aux prévisions établies par différents instituts de conjoncture nationaux ou internationaux (Insee, OCDE, OFCE, FMI, Banque de France, Eurostat). Ces prévisions concernent le PIB et ses principales composantes (FBCF, dépenses de consommation, variations des stocks, exportations et importations).

Après plusieurs années de croissance étale (2012 à 2014) et de rendez-vous manqués (2015 et 2016), l’économie française semble avoir enfin renoué avec une croissance robuste qui s’est traduite par une hausse du PIB de +1,9 % en 2017. Ce solide rebond est lié à la conjonction de différents facteurs.

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L’environnement international s’est avéré particulièrement porteur, tant pour les économies émergentes que pour celles avancées (États-Unis, zone euro). L’accélération de l’activité a également bénéficié de la stabilité du prix du pétrole et de la politique accommodante en matière de crédit de la Banque centrale européenne.

Sur le plan intérieur, le secteur de la Construction a retrouvé des couleurs, porté par le fort investissement des ménages en biens immobiliers (+5,2 % en 2017). La production agricole s’est redressée, en lien avec des conditions météorologiques favorables, et l’Industrie a tiré profit de la tonicité de la demande intérieure. Enfin, les Services ont renoué avec le dynamisme qui les caractérisait avant la vague d’attentats qui a touché l’Hexagone en 2016, en particulier dans l’hôtellerie-restauration.

Dans les entreprises, l’investissement productif a poursuivi son redressement (+4,4 % en 2017). Le rétablissement de la situation financière des entreprises, associé à des conditions de financement favorables, à des carnets de commandes regarnis et aux tensions sur l’appareil productif, devraient renforcer ce mouvement.

Seul l’investissement public est en retrait.

Au final, la Formation Brute de Capital Fixe devrait progresser de +3,7 % en 2017. Dans ce scénario, cet enchaînement vertueux se poursuivrait en dépit de la fin de la mesure de suramortissement. Les conditions de reprise tant externes qu’internes seraient durables, avec une croissance de la FBCF systématiquement au-dessus des + 3 % entre 2018 et 2020.

Portée par l’investissement mais également par la consommation des ménages, la croissance hexagonale perdurerait aux alentours de +1,9 % à l’horizon 2020. Cette croissance soutenue s’accompagnerait d’un recul du chômage (9,5 % à fin 2017). À court terme, la baisse des emplois aidés et la fin de la prime à l’embauche dans les PME freineraient la progression de l’emploi, mais la dynamique engagée sur le marché du travail ne serait pas remise en cause (242 000 emplois salariés marchands générés en 2017 et 100 000 attendus au cours du 1er semestre 2018).

Des aléas entourent toutefois cette prévision. Les exportations françaises peinent à constituer un moteur de croissance pérenne. Elles ont, jusqu’à présent, pesé sur l’évolution du PIB, et les mesures censées soutenir la productivité des entreprises exportatrices n’ont pas encore produit pleinement leurs effets. Enfin, la reprise des pays émergents n’offre pas toutes les garanties et leur fragilité pourrait obérer la dynamique du commerce mondial.

En 2018, le nombre de recrutements de cadres augmenterait de plus de 6 % et se situerait au-dessus du seuil des 250 000. Cette prévision se situe légèrement en deçà de la médiane des prévisions des entreprises à fin 2017 (259 500). Si le maintien de ce niveau de croissance se confirmait, le volume de recrutements de cadres atteindrait en 2019 et 2020 des niveaux inégalés.

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Source : Apec

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